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Inquiétude après des suicides chez les étudiants en médecine expatriés en Roumanie

Des jeunes gens ont choisi de se donner la mort, loin de chez eux en Roumanie, alors qu'ils poursuivaient des études supérieures prometteuses. Le phénomène, deux suicides et deux tentatives en mars et avril, inquiète les autorités françaises qui ont dépêché un psychiatre sur place, ouvert des téléconsultations via Skype et mis en place un numéro d'appel d'urgence 24h/24.

Pourquoi Margaux Baudin, étudiante en médecine expatriée à Cluj, en Roumanie, a-t-elle mis fin à ses jours? Rien a priori, ne prédisposait la jeune femme à un passage à l'acte le 3 mars dernier. Son cas, pourtant, est loin d'être isolé. En mars et avril, deux suicides et deux tentatives sont survenus dans la communauté des 500 étudiants.

Le phénomène inquiète les autorités françaises qui ont décidé de dépêcher un psychiatre sur place et d'ouvrir un service de téléconsultation via Skype, ainsi qu'une plate-forme téléphonique disponible 24h/24.

"Plutôt un burn-out qu'autre chose"

Avant d'aller étudier en Roumanie, Margaux Baudin pour qui la médecine était une vocation avait été recalée deux fois en France. Elle décide donc en 2010 de poursuivre son cursus en Roumanie. Mais comment en est-elle arrivée à mettre fin à ses jours? Son père, Rémi, explique que "ce geste irrémédiable est plutôt un burn-out qu'autre chose". "Tous les médecins nous ont dit qu'une heure avant, elle ne savait pas ce qu'elle allait faire. Ça lui a pris d'un coup", déplore-t-il.

Expatriation et isolement

Les raisons pour expliquer ces drames sont nombreuses et tiennent à la fois à l'éloignement lié à l'expatriation, mais aussi à un sentiment de mépris de la part de la corporation médicale de France, aux pressions scolaires et à l'isolement renforcé par le fait qu'il est plus difficile de consulter sur place en Français.

Le docteur Pannetier, sur place, explique pourquoi la situation des étudiants français expatriés peut être difficile. "Quand vous êtes en France, vous pouvez plus facilement consulter, en français, voir un psychologue ou un psychiatre en France. Quand vous êtes en Roumanie et que la seule personne qui peut vous soigner c'est votre prof, c'est beaucoup plus difficile de faire la démarche de se faire aider."

Le père de Margaux a, quant à lui, créé une association pour relayer le mal être des étudiants à l’étranger et leur venir en aide en cas de besoin.

D. N. avec Renaud Parquet