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Colère en Grèce au lendemain de la coupure de la TV publique

Le siège de l'ERT, la radio-télévision publique grecque, à Athènes mercredi.

Le siège de l'ERT, la radio-télévision publique grecque, à Athènes mercredi. - -

La décision brutale du gouvernement grec, mardi, de fermer la radio-télévision publique ERT, a aussitôt suscité incompréhension et colère dans le pays. Un appel à la grève générale a été lancé pour jeudi.

Jour de colère à Athènes au lendemain de la coupure de la radio-télévision publique. Mercredi, plusieurs dizaines de manifestants s'étaient massés devant le siège de la radio et de la télévision publique ERT, brutalement fermée la veille par le gouvernement au prétexte de sa mauvaise gestion.

Salariés de l'entreprise pour la plupart, ils protestaient contre ce qu'ils assimilent à un coup d'Etat. Très remonté, le président du syndicat des travailleurs de l'ERT, Panagiotis Kalfayiannis, a dénoncé "une action anticonstitutionnelle, anti-démocratique et fasciste". Dimitris Kamarinopoulos, responsable des techniciens, a pour sa part fustigé un "vol de la télévision d'Etat" et appelé à la "résistance". Plusieurs syndicats ont déjà appelé à une grève générale de 24 heures jeudi.

"Une situation inconcevable dans l'UE"

Mardi, peu après 23 heures, les trois chaînes de l'ERT ont brusquement cessé d'émettre et les écrans sont restés noirs. Une mesure d'économie décidée en urgence par le gouvernement, qui laisse 2.656 salariés sur le carreau. Un coup de force que les quotidiens grecs n'ont pas hésité à qualifier d'"exécution" ou de "mesure choc".

Dans les rues d'Athènes, le sentiment de révolte était partagé. "Je suis très en colère", s'est indignée une passante. "C'étaient les meilleures chaînes de télévision grecques. Il faut que le gouvernement réouvre les canaux et réembauche ses employés!" Un autre a estimé "inconcevable pour un Etat-membre de l'UE de ne pas avoir de télévision publique en 2013".

Au sein de la classe politique, le chef du parti démocratique de gauche Fotis Kouvelis a pour sa part jugé "inacceptable" cette coupure de la radio-télévision d'Etat. Si le gouvernement a d'ores et déjà annoncé le dépôt d'un projet de loi visant à réorganiser l'audiovisuel public, il a estimé qu'"aucune réforme" ne pouvait "justifier cette décision".


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M. T. avec Frédéric de Lanouvelle