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Des dizaines de milliers d'Espagnols manifestent pour le "dialogue" avec la Catalogne

Un manifestation pour le dialogue à Barcelone le 7 octobre 2017

Un manifestation pour le dialogue à Barcelone le 7 octobre 2017 - Jorge Guerrero-AFP

Ils ont manifesté dans plusieurs villes d'Espagne en faveur de l'"unité" et du "dialogue". Au cri de "On se parle?" des dizaines de milliers d'Espagnols, vêtus de blanc, ont battu le pavé ce samedi.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce samedi en Espagne pour l'"unité" et le "dialogue" dans la crise ouverte depuis le référendum catalan d'autodétermination, alors que les séparatistes envisagent de déclarer l'indépendance unilatérale de leur région dans les prochains jours.

À l'appel de l'initiative citoyenne "Parlem? Hablemos?" -soit "On se parle?" en catalan et en espagnol- ils étaient des dizaines de milliers, vêtus de blanc, à se rassembler dans de nombreuses villes pour réclamer un "dialogue" entre les Catalans et le reste du pays.

Une rassemblement "patriotique" à Madrid

À Madrid et à Barcelone, les manifestations ont rassemblé plusieurs milliers de personnes. Des manifestations similaires ont eu lieu à Valence, Saragosse et Valladolid, au Pays Basque et à Palma de Majorque.

Mais à Madrid, une autre manifestation, qui se disait "patriotique", a rassemblé 50.000 personnes, selon la préfecture. Au milieu des drapeaux espagnols, les manifestants ont scandé des slogans hostiles aux dirigeants catalans séparatistes, à l'origine de la consultation de dimanche dernier interdite par la justice espagnole.

Les tensions entre Madrid et les séparatistes au pouvoir en Catalogne depuis début 2016 ont plongé le pays dans sa plus grave crise politique depuis son retour à la démocratie en 1977. Ces troubles, qui inquiètent aussi l'Europe, touchent également la Catalogne, où vivent 16% des Espagnols car, selon les sondages, la moitié de la population n'est pas indépendantiste. 

Les excuses du préfet pour les violences policières

Ce dimanche, une autre manifestation "pour retrouver la sagesse" est prévue à Barcelone. L'écrivain Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature, de nationalités péruvienne et espagnole et qui a qualifié l'indépendantisme catalan de "maladie", y participera. 

De timides gestes d'apaisement sont apparus en fin de semaine. Le préfet, principal représentant de l'État en Catalogne, a pour la première fois présenté des excuses au nom des forces de l'ordre vendredi pour les violences policières qui ont émaillé le référendum, faisant au moins 92 blessés et scandalisant l'opinion. Et le président régional Carles Puigdemont a annoncé qu'il repoussait son intervention devant le Parlement catalan, prévue initialement lundi. 

Les séparatistes envisageaient d'y prononcer une déclaration d'indépendance unilatérale. La nouvelle séance est prévue mardi en fin de journée, l'ordre du jour portant simplement sur la "situation politique". 

Les parlementaires opposés à l'indépendance ont cependant dit se méfier des véritables intentions de Carles Puigdemont, qui a diffusé vendredi les résultats définitifs, et invérifiables faute de commission électorale: 90,18% de "oui" à la sécession avec un taux de participation de 43%. 

La crise contamine le secteur économique

Les tensions et la perspective d'une Catalogne indépendante effrayent les milieux économiques. Plusieurs entreprises, dont les banques centenaires CaixaBank et Banco de Sabadell, ont déjà décidé de transférer leurs sièges sociaux hors de Catalogne. Le responsable des Entreprises au sein du gouvernement catalan, réputé proche du président régional, a, lui, réclamé un "cessez-le-feu".

"Cela signifie que dans les prochaines heures et jours, nous ne prenions pas des décisions qui pourraient être irréparables", a-t-il expliqué.

Depuis le début de la crise, la justice a réagi avec fermeté. La Cour constitutionnelle avait ainsi interdit le référendum et jeudi elle a suspendu la session du parlement catalan initialement annoncée pour lundi.

C.H.A. avec AFP