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Copenhague: Inna Shevchenko, présente lors de la fusillade, témoigne

Inna Shevchenko, la confondatrice des Femen, était en train de s'exprimer sur la liberté d'expression, à Copenhague, quand la fusillade a éclaté.

Inna Shevchenko, la confondatrice des Femen, était en train de s'exprimer sur la liberté d'expression, à Copenhague, quand la fusillade a éclaté. - BFMTV

La militante et cofondatrice des Femen, Inna Shevchenko, était au beau milieu d'une intervention à Copenhague, samedi, quand la fusillade a éclaté dans la salle. Invitée de BFMTV ce lundi soir, elle est revenue sur cet épisode. Et n'a pas caché sa crainte d'en voir d'autres  de ce type se dérouler.

Elle était en train de s'exprimer en faveur de la liberté d'expression quand l'horreur est arrivée. La confondatrice des Femen, Inna Shevchenko, était au beau milieu d'une intervention dans un centre culturel de Copenhague quand la fusillade de samedi a éclaté. Invitée de Grand Angle - BFMTV ce lundi soir, la féministe ukrainienne est revenue sur cette terrible expérience.

"Pendant les premières secondes, je pense que personne n'était tout à fait conscient qu'il s'agissait de coups de feu." Inna Shevchenko est dans un premier revenue sur l'incompréhension qui a gagné la salle quand les premiers tirs se sont fait entendre, alors qu'un débat sur le thème "art, blasphème et liberté d'expression" se déroulait en hommage à Charlie Hebdo

"Je me suis immédiatement jetée à terre"

Habituée aux pressions et depuis qu'elle milite avec les Femen, un mouvement dont elle est la cofondatrice, la jeune femme a expliqué avoir tout suite pris conscience du danger. "J'ai acquis ce sens, et je m'attends tous les jours à ce que ce genre choses puissent arriver à toutes les manifestations auxquelles je peux participer, alors je me suis immédiatement jetée à terre", s'est remémorée l'Ukrainienne, à qui la France a accordé l'asile en 2013. "Quand les gens ont vu ma réaction, ils ont commencé à courir. D'autres, choqués, n'ont pas bougé, personne ne s'attendait à ce que ça puisse se produire à Copenhague."

Tweeter pour raconter

Face à une fusillade qui ne semblait jamais s'arrêter, la militante des Femen a pu observer des scènes de panique et de désespoir: "Les gens se cachaient sous les tables, d'autres se couvraient sous leurs manteaux, en espérant peut-être que ça les protégerait... C'était vraiment horrible", a-t-elle décrit. "Les coups de fusil ne s'arrêtait pas. Il m'a semblé qu'il y en avait eu 50, ensuite la police a confirmé qu'il y en avait eu 200."

Après avoir réalisé ce qu'il se passait réellement, la militante a pu sortir de la salle, et trouver refuge chez un voisin, qui a ouvert son appartement aux personnes qui fuyaient. "J'étais alors avec un journaliste danois, on a prévenu la police, et c'est là que j'ai demandé un ordinateur pour pouvoir tweeter et expliquer ce qu'il était en train de se passer", a-t-elle poursuivi.

"Il y a une crainte très grande"

"Je ne vais pas jouer aux héros devant vous." Interrogée sur ses craintes, Inna Shevchenko s'est exprimée sans détour. "Oui, il y a une peur, très grande, non pas tellement par rapport à ce qu'il s'est produit (à Copenhague, ndlr), mais pour ce qu'il va se produire à l'avenir", a-t-elle prédit.

"Il faut que ce soit clair: c'est quelque chose qui va continuer à se produire. Nous sommes dans une situation nouvelle par rapport à la liberté d'expression, mais nous ne devons pas laisser nos actions de faire guider par la peur", a affirmé la chef de file des Femen. "Ce à quoi je rêve vraiment, c'est que les voix des libéraux, les voix des gens qui ont des idées, soient plus fortes que le son des coups de feu."

Jé. M.