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L'ex-femme de Dutroux a quitté la prison

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Michelle Martin, l'ex-femme et complice du meurtrier pédophile belge Marc Dutroux, est arrivée ce mardi soir dans le couvent qui a accepté de l'accueillir après sa libération conditionnelle.

Michelle Martin a bénéficié d'une libération conditionnelle après avoir purgé 16 des 30 années de prison auxquelles elle avait été condamnée en 2004. Elle était emprisonnée à la prison pour femmes de Bruxelles, d'où elle est sortie en milieu de soirée à bord d'un véhicule de la police.

Michelle Martin, âgée de 52 ans, est donc libre de rejoindre le couvent des sœurs clarisses, près de Namur. Le religieuses ont accepté de l'héberger malgré les critiques qui ont fusé de toutes parts dans le royaume. En attendant son arrivée, qui pouvait intervenir dès la fin de la journée, la sécurité a été renforcée autour de ce couvent habituellement tranquille où vivent une dizaine de religieuses âgées.

Leur vie quotidienne est totalement chamboulée depuis que le tribunal d'application des peines (TAP) de Mons a octroyé, le 31 juillet, la demande de libération conditionnelle que Michelle Martin réclamait depuis cinq ans. Elle l'a obtenue après avoir purgé 16 des 30 années de prison auxquelles elle avait été condamnée en 2004.

Pire affaire criminelle du royaume

Cette décision a aussitôt provoqué de fortes réactions dans un pays durablement marqué par "l'affaire Dutroux", la pire affaire criminelle de son histoire récente. Au-delà de l'horreur des faits, de drame avait mis en lumière de profonds dysfonctionnements au sein de la police et de la justice.

Ancienne institutrice, Michelle Martin avait été arrêtée à l'été 1996, en même temps que Marc Dutroux, dont elle a divorcé en 2003. Elle a été reconnue coupable d'avoir activement participé aux séquestrations par son ex-mari de six fillettes en 1995 et 1996. Quatre en sont mortes, dont deux de faim après avoir été emmurées dans la cave d'une maison du couple, près de Charleroi.

La femme la plus haïe du pays

Près de vingt ans après les faits, Michelle Martin est toujours considérée comme "la femme la plus haïe" du pays. Mais "elle veut réussir sa réinsertion (...) et souhaite se racheter vis-à-vis de la société", a affirmé mardi son avocat, Maître Thierry Moreau. Son projet de réinsertion a convaincu les sœurs clarisses, qui ont une longue tradition d'accueil des personnes vulnérables. "Madame Martin est un être humain capable, comme pour nous tous, du pire et du meilleur (...) Nous croyons donc que tabler sur le meilleur d'elle-même n'est pas de l'inconscience de notre part", a justifié sœur Christine, l'abbesse du couvent.

Michelle Martin ne fera pas partie intégrante de la communauté mais elle devrait participer aux tâches communes comme l'entretien du potager ou la cuisine. Elle pourra sortir du couvent, avec toutefois l'interdiction de se rendre dans les deux régions où elle a vécu avec son ex-mari.

Elle devra également répondre à toute convocation de la justice et signaler tout changement d'adresse éventuel, sous peine de retourner en prison. Elle devra reprendre la thérapie entamée en prison et ne pourra pas établir de contacts avec les médias. Elle sera obligée d’indemniser ses victimes, chose qu’elle n’a pas encore faite.

"Le combat continue" clame le père d'une victime

"Déçu" par la décision de la justice qu'il a combattue avec force, le père de l'une des fillettes assassinées, Jean-Denis Lejeune, a affirmé que "le combat continuait". La priorité de ce père est d'obtenir sans délai une réforme de la justice visant à durcir les périodes de sûreté pour les condamnations des crimes les plus graves, notamment contre des enfants. La hantise des familles des victimes est en effet de voir Marc Dutroux, condamné à la perpétuité, ressortir un jour de prison, une éventualité à laquelle ce dernier, âgé de 55 ans, semble croire. "Il en est convaincu et estime que lui aussi mérite une chance de se réinsérer", a confié ce mardi son avocat, Ronny Baudewijn.