BFMTV

Elections en Allemagne: Angela Merkel subit un revers face à la montée de l'extrême droite

Angela Merkel est notamment critiquée sur sa politique en faveur de l'accueil des migrants.

Angela Merkel est notamment critiquée sur sa politique en faveur de l'accueil des migrants. - Thomas Kienzle - AFP

La CDU de la chancelière allemande, fragilisée sur la questions de l'accueil des migrants, a été battue dans deux des trois scrutins régionaux, d'après les premières estimations des chaînes allemandes.

Une claque pour la chancelière. Le parti d'Angela Merkel, la CDU, est donnée perdante dans deux des trois scrutins régionaux organisés dimanche. Angela Merkel, au pouvoir depuis plus d'une décennie, n'a eu cesse de battre le pavé pour défendre sa politique devant des électeurs souvent déboussolés et malgré les critiques dans son camp. Dernier sujet controversé en date: l'accueil massif de migrants sur le sol allemand.

Dans son fief historique du Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest du pays, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) n'arrive qu'en deuxième position (27,5% environ), derrière les Verts (32%), une première. En Rhénanie-Palatinat , à l'ouest, elle se classe deuxième (33%) derrière les sociaux-démocrates du SPD (37,5%), selon les estimations rendues publiques par les chaînes de télévision publiques ARD et ZDF.

Les populistes grands vainqueurs

Face à ce recul, et à la prise de distance de certains conservateurs avec la politique de'Angela Merkel, les populistes de l'AfD ont enregistré une importante percée. Les populistes de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) ont engrangé respectivement 10-11% et 12,5% des voix, selon la même source. En Saxe-Anhalt, dans l'est de l'Allemagne, la CDU s'en sort en tête (29 à 30%). Mais avec de 21,5% à 22,8%, l'AfD obtient un score historique pour un parti populiste de droite. Elle se classe même deuxième force politique régionale devant la gauche radicale Die Linke (16,5 à 17%).

L'AfD, parti crée il y a seulement trois ans, sera désormais représentée dans huit des 16 régions du pays, à dix-huit mois des élections législatives et alors que d'autres scrutins régionaux sont attendus d'ici là. Le co-président de l'AfD, Jörg Meuthen, a fait part de sa "joie" devant ces résultats, affirmant que sa jeune formation anti-immigration n'était "pas raciste et ne le sera jamais".

L'envolée de ce parti, grand vainqueur de ce scrutin, qui a multiplié les dérapages verbaux anti-migrants, constitue un scénario inédit depuis 1945 dans un pays toujours en quête d'exemplarité morale après l'horreur nazie. L'AfD a placé au coeur de la campagne la politique migratoire jugée trop généreuse de la chancelière, qui a ouvert ses portes à 1,1 million de demandeurs d'asile en 2015 en Allemagne.

Les sociaux-démocrates laminés

Partenaires de la CDU au gouvernement, les sociaux-démocrates ont aussi connu une soirée très difficile. S'ils arrachent la victoire en Rhénanie-Palatinat à la protégée d'Angela Merkel, Julia Klöckner, le SPD est laminé dans les deux autres régions, avec entre 12 et 13% des voix seulement en Bade-Wurtemberg et Saxe-Anhalt. Ces résultats apparaissent comme un coup de semonce pour les deux grands partis qui dominent la vie politique du pays depuis 70 ans.

La chancelière n'a pas encore dit si elle briguerait un quatrième mandat à l'issue des législatives prévues pour septembre 2017. Néanmoins Angela Merkel, dont la popularité personnelle reste élevée, ne semble pas menacée dans l'immédiat, aucun rival sérieux n'ayant émergé. Elle a refusé jusqu'ici de plafonner les arrivées de migrants en Allemagne, comme le réclame l'aile bavaroise.

La chancelière milite au contraire pour des solutions à l'échelle européenne et un accord entre la Turquie et l'Union européenne, en cours de négociations. Mais la chancelière, isolée, peine à rallier les autres Européens à sa cause. Sur la route migratoire des Balkans, les pays ont fermé une à une les frontières, laissant des dizaines de milliers de migrants, notamment des Syriens fuyant la guerre, coincés en Grèce dans des conditions jugées catastrophiques. De hauts responsables conservateurs se sont réjouis de cette situation qui a entraîné une chute de 30% des entrées de migrants en Allemagne entre janvier et février.

dossier :

Angela Merkel

la rédaction avec AFP