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Déconfinement en Allemagne: les médecins de soins intensifs demandent un retour des restrictions

Un panneau indique la direction d'un centre de dépistage rapide contre le Covid-19 à Francfort, en Allemagne, le 16 décembre 2020. (Photo d'illustration)

Un panneau indique la direction d'un centre de dépistage rapide contre le Covid-19 à Francfort, en Allemagne, le 16 décembre 2020. (Photo d'illustration) - Armando BABANI © 2019 AFP

L'association allemande des médecins de soins intensifs a demandé ce lundi un retour immédiat à des restrictions sévères notamment "à cause de la diffusion du variant britannique".

L'association allemande des médecins de soins intensifs a demandé ce lundi un retour immédiat à des restrictions sévères pour contenir la troisième vague de Covid-19, alors que les autorités viennent de les assouplir.

"D'après les données dont nous disposons et à cause de la diffusion du variant britannique, nous préconisons très fortement de revenir à un verrouillage dès maintenant pour simplement empêcher une forte troisième vague", a déclaré Christian Karagiannidis, directeur scientifique de l'association des médecins de soins intensifs à la radio publique allemande.

Le nombre de patients en soins intensifs pourrait monter en flèche

Si le gouvernement et les régions ne rétablissent pas immédiatement de sévères restrictions, le nombre de patients en soins intensifs, qui s'élève actuellement à 2800, pourrait vite atteindre "5 ou 6000" si "nous donnons l'occasion au virus de se propager", a-t-il prévenu sur la radio RBB.

"Nous n'avons rien à gagner à laisser la prochaine ou les deux prochaines semaines ouvertes, car nous allons atteindre très rapidement un niveau élevé et il sera deux fois plus difficile à ce niveau élevé de faire redescendre les chiffres", met en garde le médecin.

Une troisième vague virulente

Les autorités sanitaires allemandes mettent en garde depuis plusieurs jours contre l'impact de la troisième vague infectieuse liée à la diffusion du variant britannique, qui fait grimper les chiffres du nombre d'infections.

"L'extrapolation des tendances montre qu'il faut s'attendre à des nombres de cas supérieurs la première semaine d'avril à ceux de Noël", a aussi prévenu samedi l'institut Robert Koch, chargé de la veille épidémiologique.

Le taux d'incidence sur sept jours, qui ne cesse d'augmenter lui aussi depuis une semaine, pourrait alors atteindre 350, contre 82,9 ce lundi.

De nouvelles mesures le 22 mars?

Le chef de l'institut Robert Koch, Lothar Wieler, a estimé jeudi que "la troisième vague (avait) déjà commencé en Allemagne".

Des restrictions importantes subsistent en Allemagne, avec la fermeture depuis des mois des bars, restaurants, lieux culturels et sportifs ou encore des magasins jugés non essentiels. Les écoles et garderies ont en revanche rouvert depuis la fin février mais avec des classes en demi-groupes. Et les autorités ont relâché un peu la pression concernant les contacts entre personnes.

Angela Merkel et les dirigeants des 16 Etats-régions doivent faire un point d'étape et négocier d'éventuelles nouvelles mesures le 22 mars. Cette négociation devrait se dérouler dans un climat tendu pour le gouvernement, dont la stratégie vaccinale est critiquée de toutes parts. Le parti conservateur d'Angela Merkel, également éclaboussé par plusieurs scandales impliquant des députés soupçonnés de s'être enrichis grâce à la fourniture de masques, a enregistré dimanche deux lourdes défaites lors d'élections régionales.

S.B.-E. avec AFP