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Tests Covid et files d'attente: en Moselle, les travailleurs frontaliers agacés par les restrictions allemandes

Les tests Covid deviennent obligatoires ce mardi pour les Mosellans qui veulent se rendre en Allemagne. Une mesure contraignante pour les travailleurs frontaliers, qui ne manque pas d'agacer.

"Pourrais-je aller bosser? Où me faire tester?..." Les questions se bousculent en Moselle alors que les nouvelles règles mises en place par Berlin pour passer la fontière entrent en vigueur ce mardi. Après avoir placé le département en "zone à forte circulation" des variants sud-africain et brésilien du Covid-19, l'Allemagne a annoncé que toutes les personnes souhaitant entrer dans le pays, sans exception, devront se prévaloir d'un test négatif de moins de 48 heures.

Un coup dur pour les 16.000 Mosellans qui doivent franchir chaque jour la frontière allemande pour travailler. La première inquiétude porte sur la fréquence à laquelle ils vont devoit se soumettre à un test et le temps d'attente. Lundi, certains ont patienté plus d'une heure pour obtenir le sésame d'entrée en Allemagne.

"Ça va être compliqué"

"Ça sert plus à énerver les frontaliers qui veulent juste aller travailler", commente à France Bleu Moselle un ouvrier du bâtiment qui travaille "de 7h00 à presque 8h00 du soir". 

Dans ces conditions, comment trouver le temps d'aller se faire tester? "Ça va être compliqué pour nous les frontaliers pour aller travailler", anticipe Amandine Bickel. La trentenaire tient un tabac-journaux juste après la frontière allemande, à l'entrée de Sarrebruck. En raison de ses heures de travail, elle sait déjà qu'elle "n'aura pas le temps d'aller passer un test" tous les deux jours.

Mais une autre question la taraude, celle du prix. "J'espère que les tests seront gratuits", indique-t-elle. Car sauf sur prescription médicale, ils sont payants en Sarre, contrairement à la France. "Il peut en coûter jusqu'à 70 euros", témoigne Urbain Bernahrd, 75 ans, Français résidant en Allemagne.

"Ce sera ingérable avec trois tests par semaine pour aller travailler", s'insurge Dagmar Massonnet, 62 ans, qui comprend la décision allemande mais aurait préféré qu'elle s'applique dans les deux sens..

"C'est vraiment pour em... le monde"

"Moi, je fais comment: je passe à 04h30", interroge Elvira Lebrot, 62 ans, femme de ménage à Sarrebruck. "C'est vraiment pour em... le monde", lance-t-elle, avant d'aller demander à des policiers allemands ce qu'elle "devra faire".

De leur côté, les pharmacies sont également préoccupées. Comment gérer un tel afflux? "La demande (de test PCR, ndlr) a quasiment doublé. Nous devons nous organiser. Nous allons mobiliser du personnel d’autres sites", explique au Républicain Lorrain Pierre Bourgmayer, pharmacien biologiste et dirigeant du laboratoire du Val d’Oeting à Forbach. Pour lui, la mesure a été "mise en place de façon un peu brutale".

Pour autant, personne ne critique vraiment la décision berlinoise. Contrairement au premier confinement, les frontières ne seront pas fermées. Et puis, "il faut vaincre ce virus, limiter la pandémie", estime Youri Fernandez, 17 ans, qui attend aussi les mesures qui seront prises en France en fin de semaine.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV