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Cologne sous haute surveillance pour son carnaval

Le carnaval de Cologne s'ouvre ce jeudi. Les festivités se dérouleront cette année sous haute surveillance après les violences du Nouvel An. Attribuées pour la plupart à des migrants, elles avaient choqué le pays.

Secouée par des violences attribuées à des migrants le soir du Nouvel An, la ville allemande de Cologne enfile son costume sécuritaire pour garantir que son carnaval, plus important événement populaire d'Allemagne avec la Fête de la bière, se déroulera dans le calme.

Pendant les six jours de festivités (cette année, du 4 au 9 février), la ville appartient traditionnellement aux dizaines de milliers de "Jecken" (les "fous" du carnaval en dialecte rhénan) mais cette année, ils devront partager la rue avec des effectifs de police dûment renforcés.

Coup d'envoi à 11h11

Le coup d'envoi des festivités sera donné, comme le veut la tradition, ce jeudi à 11h11, et elles débuteront par la "Weiberfastnacht", le carnaval des femmes, invitées à couper les cravates des hommes en signe de dépossession du pouvoir. A l'image de la maire Henriette Reker qui a encore répété lundi que "tout le monde doit pouvoir fêter le carnaval sans danger", les autorités locales ont multiplié ces derniers jours les interventions pour rassurer.

La nuit du Nouvel An est encore dans tous les esprits. Ce soir-là, le centre-ville avait été le théâtre d'agressions de la part d'hommes en bandes, essentiellement à l'encontre des femmes.

Plus d'un millier de plaintes ont été déposées, dont de nombreuses pour des faits à caractère sexuel et les suspects sont, selon la police, "en grande partie" des demandeurs d'asile ou immigrants originaires d'Afrique du Nord. L'affaire a scandalisé le pays et accru la pression sur la chancelière Angela Merkel et sa politique généreuse à l'égard des migrants. 

"Aucune forme de violence n'a sa place"

Le mot d'ordre est donc d'éviter de nouveaux incidents lors des festivités prévues pour durer jusqu'à mercredi et qui attirent chaque année 1,5 million de visiteurs.

"Aucune forme de violence n'a sa place au carnaval", a insisté le chef de la police de Cologne Jürgen Mathies. "C'est pourquoi nous opérerons vigoureusement contre tous ceux qui dépassent les bornes. Cela vaut pour les agresseurs alcoolisés comme pour les voleurs ou les délinquants sexuels qui ne peuvent accepter qu'une femme dise NON", a déclaré Jürgen Mathies, nommé début janvier après la démission de son prédecesseur provoquée par les évènements du Nouvel An.

Trois fois plus de policiers

Au total, 2.500 policiers venus de toute l'Allemagne seront présents dans les rues de la ville, berceau des défilés de carnaval allemand (le premier a eu lieu en 1823). C'est trois fois plus que l'an passé, pour un budget sécurité de 360.000 euros. Un "point sécurité pour les femmes" sera installé en centre-ville pour informer et le cas échéant venir en aide aux personnes qui rencontreraient des problèmes lors du premier jour du carnaval et du "Lundi des Roses", traditionnel acmé des festivités.

La nuit, grâce à des spots transportables, certains endroits de la ville seront plus éclairés qu'à l'accoutumée pour éviter "certains coins sombres", a également indiqué la ville. Des volontaires de la Croix Rouge et des bénévoles supplémentaires auprès des pompiers viendront également prêter main-forte pour encadrer le carnaval.

Toutefois, a assuré Ralf Jäger, le ministre régional de l'Intérieur, il n'existe "aucun indice concret de menaces ou d'attentats" en lien avec cette grande attraction touristique.

V.R. avec AFP