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Allemagne: le meurtre d'un élu local pro-migrants "très probablement lié à l'extrême droite"

Walter Lübcke, 65 ans, président du district de Kassel en février 2012. - UWE ZUCCHI / DPA / AFP

Walter Lübcke, 65 ans, président du district de Kassel en février 2012. - UWE ZUCCHI / DPA / AFP - -

Un homme de 45 ans a été arrêté ce week-end dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'un responsable politique local du centre de l'Allemagne qui tenait des positions ouvertement pro-migrants. Le parquet anti-terroriste allemand indique ce lundi que ce meurtre est très "probablement lié à l'extrême droite".

Le parquet anti-terroriste allemand a fait savoir ce lundi que le meurtre de Walter Lübcke était très probablement lié à "l'extrême droite". Nos confrères du Spiegel révèlent par ailleurs que l'homme arrêté ce week-end, soupçonné d'avoir tué cet élu local pro-migrants du centre de l'Allemagne, avait déjà été condamné pour des violences et qu'il était proche d'un mouvement néo-nazi.

"Dans l'état actuel des investigations, nous partons du principe que nous avons affaire à un arrière-plan d'extrême droite" pour expliquer les motivations de cet assassinat qui a choqué le pays, a déclaré à la presse le porte-parole du parquet.

Walter Lübcke était un dirigeant politique du parti conservateur (CDU) de la ville de Kassel, dans le centre du pays. Il a été tué d'une balle tirée à bout portant, et a été retrouvé mort dimanche 2 juin sur la terrasse de son domicile à Wolfhagen, près de Kassel. Le principal suspect a été arrêté samedi grâce à des traces ADN, d'après les propos des autorités au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Un homme déjà condamné pour des violences

Pour étayer cette thèse, le parquet général de Karlsruhe, compétent en matière terroriste ou de crime organisé, s'appuie sur le passé du suspect. Il s'agit d'un homme de 45 ans proche de la mouvance néo-nazie, déjà condamné pour des faits de violences, notamment contre un foyer de migrants. En 2009, ce suspect avait été arrêté par la police lors d'un rassemblement en compagnie de plusieurs centaines de militants nationalistes à Dortmund. 

D'après l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le suspect était connu pour être "un extrémiste violent", qui aurait été en contact avec des militants néo-nazis du groupe "Combat 18", l'un des groupes d'extrême-droite les plus importants d'Allemagne. Un groupe qui avait cependant peu fait parler de lui ces dernières années. Cependant, ses liens directs avec ce groupe ne sont pas encore formellement établis, d'après le journal. 

Les enquêteurs tentent de déterminer s'il avait des complices mais, pour le moment, le parquet a indiqué ne pas avoir d'"élément montrant que le suspect ait pu" agir dans le cadre d'un "groupuscule d'extrême droite" formé à cet effet. Une référence au groupuscule néo-nazi allemand NSU, responsable du meurtre d'une dizaine d'immigrés en Allemagne au début des années 2000.

Menacé pour ses positions pro-migrants

Membre du parti de centre-droit d'Angela Merkel, Walter Lübcke avait été visé par des menaces de mort depuis 2016 pour avoir défendu avec force l'accueil des migrants, décidé en 2015 par la chancelière. Son décès avait déclenché sur les réseaux sociaux une avalanche de commentaires, dont de nombreux saluant ce meurtre.

Si le mobile politique devait être confirmé, il s'agirait du premier meurtre de cette nature depuis les attentats de la Fraction armée rouge à partir des années 1970. En 1981, ce groupe d'extrême gauche avait tué un ministre régional de l'Economie, membre du parti libéral FDP. Il s'agirait en outre du premier homicide d'un élu motivé par des idées radicales de droite depuis le Second conflit mondial

Jeanne Bulant avec AFP