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États-Unis: un urgentiste juif traite un patient aux tatouages nazis et émeut Twitter

Un patient soigné dans un hôpital d'Igualada, en Espagne, le 1er décembre 2020 (Photo d'illustration)

Un patient soigné dans un hôpital d'Igualada, en Espagne, le 1er décembre 2020 (Photo d'illustration) - Pau BARRENA © 2019 AFP

Un médecin urgentiste juif travaillant dans un hôpital californien a raconté comment il avait traité, avec l'aide d'une infirmière noire et d'un technicien asiatique, un patient couvert de tatouages nazis en train de suffoquer.

"Nous savions tous ce qu'il pensait de nous": un médecin urgentiste juif travaillant dans un hôpital californien a ému les réseaux sociaux en racontant comment il avait traité, avec l'aide d'une infirmière noire et d'un technicien asiatique, un patient couvert de tatouages nazis en train de suffoquer.

A la mi-novembre, "il est arrivé en ambulance, avec des difficultés à respirer (...) Il avait l'air malade. Mal à l'aise. Effrayé. Quand nous l'avons mis sur un brancard et lui avons retiré sa chemise pour lui passer une blouse d'hôpital, nous avons tous remarqué ses nombreux tatouages nazis", raconte dans un long développement sur Twitter le Dr Taylor Nichols, employé par le Mercy San Juan Hospital de Sacramento, dans le nord de la Californie.

"Ne me laissez pas mourir, doc"

L'homme est "solidement bâti" mais âgé, toxicomane et n'a presque plus de dents. "La croix gammée trônait fièrement sur sa poitrine", avec d'autres "tatouages SS" jusqu'alors cachés par sa chemise, poursuit le jeune médecin. "Ne me laissez pas mourir, doc", dit l'homme, dont le Dr Nichols dit ne pas se souvenir du nom.

"Notre équipe comprenait un médecin juif, une infirmière noire et un technicien respiratoire asiatique. Nous avons tous vu. Les symboles de haine sur son corps proclamaient ouvertement et fièrement ses opinions. Nous savions tous ce qu'il pensait de nous. La valeur qu'il accordait à nos vies. Et pourtant nous étions là, à faire de notre mieux pour lui donner les meilleures chances de survie", souligne le médecin, qui finira par être contraint d'intuber le malade.

C'est à ce moment, vêtu d'un équipement de protection anti-coronavirus complet et épuisé par des mois de soins prodigués aux victimes du Covid-19, que le Dr Nichols dit avoir éprouvé pour la première fois de sa carrière des doutes sur son engagement.

"Je ne ressentais pas de compassion pour lui à ce moment-là"

"Je ne sais pas si ça m'importe", a-t-il pensé. "Je ne ressentais pas de compassion pour lui à ce moment-là", a-t-il expliqué au journal San Francisco Chronicle.

Le Dr Nichols a eu la vocation médicale dès l'âge de sept ans, lorsqu'il a été hospitalisé en urgence pour se faire enlever une tumeur au cerveau: "J'ai pensé qu'il n'y avait rien de mieux au monde pour venir en aide à autrui que de consacrer sa vie à acquérir les compétences pour les sauver".

Pourtant, "la pandémie m'a usé (...) Et je me rends compte que peut-être, je ne vais pas bien", conclut-il. Le médecin pense qu'il va se remettre mais s'est rendu compte qu'il n'est "peut-être pas la même personne qu'au début". "C'est dur à avaler", ajoute-t-il.

Taylor Nichols ne sait pas si ce patient aux tatouages nazis a survécu ou non mais estime avoir fait tout ce qu'il pouvait pour le sauver, avant de passer au patient suivant.

S.B.-E. avec AFP