BFMTV

Espagne: Rajoy n'écarte pas une suspension de l'autonomie de la Catalogne

Mariano Rajoy

Mariano Rajoy - JOSEP LAGO / AFP

Le chef du gouvernement espagnol se montre inflexible face aux indépendantistes catalans.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy n'écarte pas, dans un entretien au quotidien espagnol El Pais dimanche, de suspendre l'autonomie dont jouit la Catalogne si ses dirigeants ne renoncent pas à leur menace de déclaration d'indépendance.

"Je n'écarte rien", dit-il au journal qui l'interroge sur l'application de l'article 155 de la Constitution, permettant de suspendre cette autonomie. "Le gouvernement va empêcher que la moindre déclaration d'indépendance débouche sur quoi que ce soit."

"J'aimerais que la menace de déclaration d'indépendance soit retirée le plus vite possible", ajoute-t-il.

"L'idéal serait de ne pas devoir prendre des mesures drastiques, mais pour cela il faut que des rectifications se produisent", de la part de l'exécutif catalan, déclare Mariano Rajoy dans cet entretien, le premier concédé à un grand quotidien espagnol depuis que le début de la crise.

Machine arrière

Mariano Rajoy assure dans cet entretien que pour les dirigeants catalans "il est encore le temps" de faire machine arrière pour éviter le déclenchement d'une réponse musclée, alors que son électorat et l'aile dure de son parti lui réclament de réagir.

Il réitère aussi son refus de "discuter de l'unité du pays" et martèle que, dans tous les cas, "on ne parle pas sous la menace", alors que l'hypothèse d'une déclaration d'indépendance en différé serait l'une des options sur la table en Catalogne.

L'exécutif indépendantiste catalan a organisé le 1er octobre un référendum d'autodétermination interdit, que des policiers et gardes civils dépêchés par Madrid ont cherché à empêcher, non sans brutalité par endroits, faisant au moins 92 blessés.

Depuis, les séparatistes menacent de déclarer l'indépendance de manière unilatérale sur le fondement des résultats de ce "référendum", 90,18% de "oui" à la sécession, plongeant l'Espagne dans sa pire crise politique depuis que l'Espagne est redevenue démocratique.

Unité nationale

Selon le quotidien La Vanguardia, les indépendantistes, partagés sur cette rupture drastique, envisageraient de déclarer l'indépendance en laissant un délai avant l'entrée en vigueur de celle-ci.

Que cela soit "le lendemain" ou "assortie d'une suspension" ou "en différé", cela "n'a absolument aucune importance", rétorque Mariano Rajoy.

"Soyons sérieux: on ne peut rien construire si la menace contre l'unité nationale ne disparaît pas", ajoute-t-il dans cet entretien publié alors que des dizaines de milliers de personnes ont envahi les rues d'Espagne samedi avec des drapeaux nationaux, contre l'élan séparatiste en Catalogne.

Mariano Rajoy écarte les propositions de médiation et ajoute que la seule négociation prioritaire doit se tenir au parlement régional catalan, entre séparatistes et opposition.

Enfin, sur les violences policières ayant émaillé le référendum interdit, il estime que "des erreurs ont pu être commises", mais que l'erreur fondamentale a été commise par ses adversaires, en mettant en danger "la souveraineté nationale".

L.N. avec AFP