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En larmes, l'élue américaine d'origine palestinienne Rashida Tlaib dénonce Trump et Netanyahou

La représentante américaine Rashida Tlaib, le 15 juillet 2019 à Washington, aux Etats-Unis.

La représentante américaine Rashida Tlaib, le 15 juillet 2019 à Washington, aux Etats-Unis. - Brendan Smialowski / AFP

Accusant Benjamin Netanyahou d'obéir à Donald Trump, Rashida Tlaib, élue américaine d'origine palestinienne a expliqué en larmes pourquoi elle n'irait pas voir sa grand-mère en Cisjordanie occupée.

La seule élue américaine d'origine palestinienne, Rashida Tlaib, a expliqué ce lundi, en larmes, pourquoi elle avait renoncé à rendre visite à sa grand-mère en Cisjordanie occupée, accusant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou d'avoir obéi à Donald Trump en limitant ses déplacements.

Israël avait décidé vendredi d'autoriser l'entrée de Rashida Tlaib "pour une visite humanitaire à sa grande-mère", après lui avoir refusé dans un premier temps l'accès au territoire en raison de son soutien à la campagne de boycott de l'Etat hébreu et à la suite d'une demande du président Donald Trump.

Rashida Tlaib, née à Détroit de parents originaires de Cisjordanie, avait promis dans une lettre de respecter toutes les restrictions imposées par Israël mais quelques heures plus tard, elle avait renoncé, citant les "conditions oppressives" imposées par Israël.

L'élue américaine a expliqué au cours d'une conférence de presse à St-Paul, dans le Minnesota (centre), avoir changé d'avis après avoir parlé à sa famille, et notamment à sa grand-mère qui vit dans le village de Beit Ur al-Fauqa, près de Ramallah, en Cisjordanie occupée.

"Son oiseau libre"

"Elle m'a dit que j'étais son rêve réalisé, son oiseau libre", a-t-elle raconté, la voix brisée. "Pourquoi devrais-je revenir et me laisser mettre en cage, et m'incliner alors que mon élection (...) a restauré sa dignité pour la première fois?", "C'est donc en larmes, à trois heures du matin, que nous avons tous décidé, en famille, que je ne pouvais pas y aller tant que je ne serai pas une élue des Etats-Unis libre", a ajouté Rashida Tlaib.

Cette affaire a démarré jeudi par un tweet de Donald Trump qui a jugé qu'Israël ferait preuve d'une "grande faiblesse" s'il autorisait Rashida Tlaib et l'élue du Minnesota Ilhan Omar, elle aussi démocrate et membre de l'aile gauche du Parti démocrate, à effectuer une visite prévue en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés.

"Il est regrettable que Benjamin Netanyahou se soit apparemment inspiré de Trump, et même qu'il ait suivi les instructions de Trump" pour interdire cette visite, a déclaré Rashida Tlaib.

Organisatrice de la conférence de presse, Ilhan Omar a pour sa part dénoncé l'interdiction de visite en Israël qui la frappe elle aussi comme "rien de moins que la tentative d'un allié des Etats-Unis de nier notre capacité à faire notre travail d'élues".
Alexandra Jaegy avec AFP