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Elections américaines, mode d'emploi

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Explication sur le suffrage indirect, mode de scutin spécifique de la Présidentielle américaine. Grands électeurs, états décisifs, chiffres clés, voilà ce qu'il faut impérativement savoir avant le 4 novembre.

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Mardi 4 novembre, les Américains choisiront leur Président. Mais pas directement. En effet, aux Etats-Unis, les élections se déroulent au suffrage indirect. Les américains voteront en fait pour désigner les grands électeurs associés pour les uns au ticket Obama-Biden et pour les autres à McCain-Palin. Ensuite, ce sont ces « porte-paroles » qui valideront officiellement le nom du vainqueur, mi décembre. 

Qui sont les Grands Electeurs ?
Au total, il y a 538 grands électeurs, historiquement autant que de membres au Congrès américain (435 représentants à la chambre, 100 sénateurs -2 par états- et 3 «électeurs» du district de Columbia). Chacun des 50 états élit ses grands électeurs. Cette répartition varie en fonction la population de l'Etat. La Californie, état le plus peuplé, compte 55 grands électeurs (puisqu'elle possède aussi 53 députés et 2 sénateurs), alors que les états les moins peuplés (Montana, Vermont, Delaware...) n'en ont que 3 (ils n'ont également que 1 représentant et 2 sénateurs au Congrès).

Un processus complexe, voire trompeur
Le vainqueur de l'élection présidentielle est celui qui obtient la majorité absolue, soit 270 grands électeurs. Attention : le ticket Président-Vice Président arrivé en tête des suffrages dans un état, remporte la totalité de ses grands électeurs (sauf dans le Maine et le Nebraska pour un total de 9 grands électeurs). D'où l'écart parfois fatal entre le vote populaire ultra serré entre Démocrates et Républicains et le résultat très tranché des grands électeurs. On se souvient par exemple d'Al Gore qui, en 2000 avait totalisé bien plus de suffrages populaires que George W. Bush, mais qui avait finalement été battu au nombre de grands électeurs.

L'Ohio, un état hésitant et décisif

Rien n'est donc joué dans le duel Obama-McCain, à 5 jours de l'élection présidentielle américaine, même si les sondages ne cessent de donner victoire au démocrate. Tout peut encore basculer. Et les deux candidats le savent et misent donc sur les états dits « en balance » (« swing states »). Parmi lesquels, l'Ohio. Un état crucial, industriel, toujours remporté par le vainqueur de l'élection présidentielle. Reagan, Bush père et fils, mais aussi Clinton, en ont fait l'expérience. Si l'Ohio semble aujourd'hui pencher pour Barack Obama (les derniers sondages donnent 49% d'intentions de vote au démocrate, contre 45 pour McCain), son électorat majoritaire, blanc et religieux pourrait finalement lui préférer le républicain et notamment ses promesses de baisses d'impôts.

Juliette VINCENT