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Double attentat au daghestan

DOUBLE ATTENTAT AU DAGHESTAN

DOUBLE ATTENTAT AU DAGHESTAN - -

DOUBLE ATTENTAT AU DAGHESTAN

MAKHATCHKALA, Russie (Reuters) - Des kamikazes présumés ont tué au moins douze personnes mercredi dans la république russe du Daghestan, au Nord-Caucase, deux jours après des attentats qui ont ensanglanté le métro de Moscou et que les autorités attribuent à des insurgés islamistes de la région.

L'opération coordonnée qui a frappé la ville de Kizliar, non loin de la frontière tchétchène, s'inscrit dans un regain de violence qui défie le Kremlin une décennie après sa deuxième guerre contre les séparatistes tchétchènes.

Les attentats du Daghestan ont notamment causé la mort du chef de la police de Kizliar.

Les explosions qui ont fait au moins 39 morts lundi matin dans deux stations de métro de Moscou ont été imputées à deux femmes kamikazes liées au Nord-Caucase mais l'organisation séparatiste de l'"Emirat du Caucase" a affirmé mercredi n'avoir rien à voir avec ces attaques.

Le Premier ministre Vladimir Poutine a estimé qu'un seul groupe était peut-être à l'origine des explosions de Moscou et du Daghestan. "Un nouvel acte de terrorisme a été commis. Je n'exclus pas que ce soit l'acte d'un seul et même groupe", a-t-il dit lors d'un conseil des ministres en dénonçant "un crime contre la Russie".

Poutine a ordonné au ministre de l'Intérieur Rachid Nourgaliev de renforcer la présence policière au Nord-Caucase.

Un kamikaze vêtu d'un uniforme policier a provoqué la seconde des deux explosions de mercredi à Kizliar, qui ont tué le chef de la police locale, Vitali Vedernikov, et plusieurs autres policiers, selon des représentants de la police et du parquet de la région.

VÉHICULE PIÉGÉ

L'auteur de l'attentat s'est frayé un chemin parmi des policiers et des passants attirés par une première explosion, celle d'une voiture piégée près du centre-ville.

Sur des images de télévision, on a pu voir deux voitures détruites et un cratère profond dans une rue jonchée de débris et bordée d'arbres nus, ainsi qu'une école de brique rouge dont le toit était partiellement arraché. Selon des informations locales, il n'y avait pas d'enfants à l'intérieur de l'école.

L'explosion de la voiture piégée correspondait à une puissance d'environ 200 kg de TNT, selon des enquêteurs du Daghestan cités par des agences de presse russes.

Un responsable de police a dit qu'un véhicule 4x4 Niva avait sauté après que des agents de la circulation eurent tenté de l'arrêter, ce qui fait soupçonner la présence d'un kamikaze au volant. Mais la Commission d'enquête fédérale russe a rapporté que le véhicule Niva était garé au moment de l'explosion.

Le bilan des attentats s'élève à 12 morts, dont neuf policiers au moins, et 23 blessés qui ont été hospitalisés, a fait savoir la commission d'enquête.

Outre le chef de la police locale, un enquêteur du parquet et un civil figurent parmi les morts, a déclaré un porte-parole de la police provinciale.

Voisin de la Tchétchénie, le Daghestan est une république à majorité musulmane des bords de la Caspienne en proie à des foyers d'insurrection et à des violences fréquentes, visant pour l'essentiel des policiers ou des responsables gouvernementaux.

Ces dernières années, avant les attaques lancées lundi dans le métro de la capitale russe, les violences se limitaient à la région. Mais les attentats de lundi, les plus meurtriers depuis six ans à Moscou, ont mis en lumière l'incapacité du Kremlin à contenir durablement les guérillas les plus violentes.

Poutine, qui avait tiré un crédit important de la seconde guerre de Tchétchénie en 1999, a déclaré mardi que les forces de sécurité devaient "racler le fond des égouts" pour retrouver les auteurs des attentats de Moscou.

Dmitri Soloviov et Daria Korsounskaïa; Grégory Blachier et Philippe Bas-Rabérin pour le service français