BFMTV

"Critiquer, ça ne fait pas avancer les choses": Obama fustige l'attitude "woke" sur les réseaux sociaux

Lors d'une conférence à Chicago, le 30 octobre, le 44e président des Etats-Unis s'est opposé à la culture de la critique et de la dénonciation qui se propage sur les réseaux sociaux. Cette posture moralisatrice n'est pas un activisme efficace, selon lui.

Dénigrer les actions des autres sur les réseaux sociaux, "ce n’est pas ça l’activisme". Lors d’une conférence à la fondation qu’il a créée avec son épouse, à Chicago, l’ancien président américain Barack Obama a mis en garde la jeunesse contre l’idée que "pour faire avancer les choses, il faut être le plus critique possible".

Il pointe ainsi du doigt un nouvel activisme connu aux Etats-Unis sous le nom de "woke", qui signifie "éveillé" en français, et qui accélère, selon lui, la culture de la critique et de la dénonciation.

Le 44e président des États-Unis déplore le fait de "tweeter ou de mettre un hashtag sur ce qu'une personne a mal fait, et après de se détendre en étant fier, genre: 'T’as vu comme je suis éveillé'. Puis, j’allume ma télé. Non, ce n’est pas de l’activisme, ça", explique Barack Obama.

Un monde plein d'ambigüités

Cette tendance à stigmatiser les personnes que l’on juge problématiques sur les réseaux sociaux, est "un danger" pour la jeunesse qui s’embarque dans une quête contre-productive de pureté idéologique, insiste-t-il.

"Si la seule chose que vous faites, c’est critiquer, vous n’irez probablement pas loin (...) Ça ne fait pas changer les choses."

Pour sensibiliser les jeunes sur les dangers de ce mode de fonctionnement, il a rappelé que "le monde est chaotique, il est compliqué, avec des ambigüités. Les gens qui font des bonnes choses ont des défauts. Ceux contre qui vous vous battez aiment aussi leurs enfants et ont des points communs avec vous".

Ambre Lepoivre