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Crise politique en Italie: que va-t-il se passer au gouvernement ?

Le Palazzo Chigi, résidence du Premier ministre italien

Le Palazzo Chigi, résidence du Premier ministre italien - Filippo MONTEFORTE / AFP

Un parcours institutionnel bien précis attend l'Italie pour sortir de la crise ouverte par Matteo Salvini.

L'éclatement de la coalition populiste au pouvoir depuis 14 mois plonge l'Italie une nouvelle fois dans l'incertitude. Pour sortir de la crise ouverte par l'homme fort du gouvernement Matteo Salvini, l'Italie doit suivre un parcours institutionnel et politique bien précis sur lequel le chef de la Ligue et leader d'extrême droite n'a pratiquement aucune influence.

Avant tout vote pouvant faire tomber le gouvernement, les présidents du Sénat et de la Chambre des députés devront convoquer les chefs de groupes parlementaires pour établir un calendrier. Selon les médias nationaux, un débat au Sénat sur une motion de censure contre le chef du gouvernement Giuseppe Conte, proche de l'ex-allié de coalition de Matteo Salvini, le Mouvement 5 Etoiles (M5S), pourrait se dérouler aux alentours du 20 août.

La Ligue a déjà déposé sa motion de défiance

La Ligue a dit avoir déjà déposé à la chambre haute sa motion de défiance. Selon les normes du Sénat, la motion devra être examinée "à partir de lundi ou mardi" et dans un délai maximum de 10 jours, soit pas au-delà du 20 août. La règle en Italie veut que la chambre qui a accordé en premier sa confiance à un chef de gouvernement en début de mandat - dans ce cas le Sénat pour Giuseppe Conte il y a 14 mois - soit celle qui vote en premier une éventuelle motion de défiance. 

Si le texte est adopté, cela suffira à faire chuter le gouvernement, le vote à la Chambre des députés n'étant pas indispensable. Giuseppe Conte devra alors remettre sa démission au président de la République, Sergio Mattarella, qui lui demandera de rester à la tête de l'exécutif pendant quelques jours supplémentaires, le temps de mener des consultations.

Sergio Mattarella verra les présidents des deux chambres ainsi que les chefs des partis politiques présents au Parlement et rencontrera son prédécesseur Giorgio Napolitano pour des consultations, généralement rapides, de l'ordre de deux-trois jours maximum, avant de prendre une décision.

Le Parlement pourrait être dissous

S'il constate, comme c'est probable, qu'il n'existe aucune majorité parlementaire autour d'un représentant politique, il décidera de dissoudre le Parlement. Selon les médias italiens, cela pourrait se produire aux alentours du lundi 26 août. A partir de ce moment-là, la Constitution exige l'organisation d'élections dans un délai maximum de 70 jours. Dans la pratique, cela signifie généralement deux mois, le temps des préparatifs logistiques.

Reste la question de savoir qui mènera l'Italie jusqu'au scrutin. Le gouvernement Conte sortant ou un autre gouvernement, sachant que l'Italie en a expérimenté de nombreux types: gouvernement du président, institutionnel, technique, électoral, spécialisé... 

Alexandra Jaegy avec AFP