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Crise dans le Golfe: la Turquie soutient le Qatar face à l'ultimatum de l'Arabie saoudite

Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed bin Abdulrahman al-Thani.

Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed bin Abdulrahman al-Thani. - KARIM JAAFAR / AFP

La liste des exigences de l'Arabie saoudite et ses alliés formulées auprès du Qatar est jugée "contraire au droit international" par le président turc Erdogan.

La tension monte encore d'un cran au Moyen-Orient: le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé ce dimanche que l'ultimatum présenté par l'Arabie saoudite et ses alliés au Qatar, qu'ils accusent de "soutenir le terrorisme", était "contraire au droit international".

L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU), Bahreïn et l'Égypte, qui ont rompu leurs relations diplomatiques et mis en place un embargo contre le Qatar depuis le 5 juin, ont transmis une liste de treize conditions que Doha devra remplir pour mettre fin à la crise.

Bras de fer dans le Golfe

L'Arabie saoudite et ses alliés demandent notamment la fermeture de la chaîne Al-Jazeera, la réduction de des relations avec l'Iran ou la fermeture de la base turque au Qatar. Le document exige également l'arrêt de tout contact avec les "organisations terroristes" -les Frères musulmans, Daesh, Al-Qaïda et le Hezbollah sont notamment cités- mais aussi avec les partis d'opposition aux Émirats arabes unis, à l'Arabie saoudite, à l'Égypte et à Bahreïn. Enfin, l'Émirat devra payer des "réparations" financières à ses voisins et se soumettre à un mécanisme de contrôle pendant les dix prochaines années.

Une véritable mise sous tutelle, inacceptable pour le Qatar, qui juge ces demandes "déraisonnables". Cette liste n'est "pas destinée à combattre le terrorisme mais à empiéter sur la souveraineté du Qatar et à s'ingérer dans sa politique étrangère", a déclaré samedi dans une première réaction le directeur du bureau de communication gouvernemental, cheikh Saif ben Ahmed Al-Thani. Une position soutenue ce dimanche par la Turquie, qui souhaite affirmer son statut de puissance régionale face à ses rivaux arabes.

Louis Nadau avec AFP