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Covid-19: quelle est la situation sanitaire chez nos voisins européens?

Vue de Stuttgart

Vue de Stuttgart - THOMAS KIENZLE

Alors que la France entre dans une nouvelle phase de l'épidémie, et à la veille de nouvelles annonces du chef de l'Etat pour la juguler, BFMTV.com fait le point sur les chiffres de la diffusion du coronavirus en Europe.

Après plusieurs semaines à l'évoquer et à la craindre, la France fait officiellement face à la "seconde vague" de coronavirus. Avec 743.479 cas confirmés depuis le début de la crise, dont 8505 en 24 heures selon l'agence Santé Publique France lundi soir, et 32.825 morts dues au virus, la France arrive au dixième rang des pays les plus touchés par la pandémie, d'après les données de l'université américaine Johns-Hopkins.

Devant la recrudescence de la maladie, le président de la Républqiue doit annoncer de nouvelles mesures pour combattre la circulation de la maladie lors d'un entretien télévisé mercredi soir. Les autorités politiques et sanitaires regardent notamment en direction des solutions adoptées à l'étranger. BFMTV.com a voulu faire le point ce mardi sur la situation sanitaire dans les pays les plus proches de l'Hexagone, dans une Europe qui a déjà connu 6.460.483 contaminations et 240.000 morts environ sous les coups du Covid-19.

• Explosion des cas en Italie

Terriblement affectée par le virus au printemps dernier, l'Italie traverse de nouveau une mauvaise passe sanitaire. Sur les 365.467 cas confirmés par son ministère de la Santé depuis l'intrusion du mal dans la botte, le pays en compte 87.193 actifs, dont 5.901 enregistrés en 24 heures. Et l'épidémie gagne en vitesse. En à peine trois semaines, le total des patients actuellement frappés par le Covid-19 est passé de 46.114 (le 23 septembre) à 87.193 donc, selon le dernier décompte. On déplore 36.246 morts en Italie au cours des derniers mois.

Par conséquent, l'exécutif transalpin vient d'énoncer une batterie de nouvelles mesures visant à protéger la santé de ses concitoyens, comme l'a relayé l'AFP: interdiction aux bars et restaurants de servir des clients non assis après 21h, interdiction des fêtes et célébrations, interdiction des sports de contact entre amis et des voyages scolaires, limitation à six personnes du nombre d'invités à domicile, limitation des mariages et des baptêmes à 30 personnes.

• Espagne: Madrid et sa région sous surveillance

L'Espagne retrouve elle aussi une situation alarmante. Le détail, livré par son ministère de la Santé, établit à 888.968 le nombre d'habitants tombés malades du coronavirus, dont 123.734 cas diagnostiqués au cours des deux dernières semaines. Deux régions paraissent particulièrement éprouvées: la Catalogne, et ses 160.551 cas, et surtout Madrid, avec 266.896 individus concernés. 33.124 personnes ont perdu la vie en Espagne depuis que le virus s'y est introduit.

Les pouvoirs publics ont décidé d'employer les grands moyens en déclarant vendredi l'état d'urgence sanitaire dans la capitale et la région l'entourant.

• Des services hospitaliers saturés au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a accumulé 620.471 cas confirmés sur son territoire, où 42.965 vies ont été emportées par le coronavirus. Le directeur médical du National Health Service a déclaré lundi qu'il y avait davantage de patients hospitalisés dans le pays à présent que le 23 mars dernier, date du lancement du confinement de la population: 3837 lundi contre 3283 à l'époque.

C'est le nord-ouest de l'Angleterre qui subit le plus douloureusement le retour de flamme de la pandémie. L'AFP souligne d'ailleurs que le cabinet du Premier ministre a contacté les députés de ces circonscriptions pour les informer que des règles plus strictes seraient prochainement édictées.

Pour tenter de désengorger des établissements de santé de plus en plus saturés, le directeur médical de la NHS a par ailleurs annoncé que trois grands hôpitaux de campagne, mis sur pied en urgence il y a six mois et dont les activités avaient ensuite été suspendues, allaient reprendre du service. De plus, dans cinq régions d'Ecosse, les bars et les pubs ont fermé leurs portes vendredi et ce, pour deux semaines.

• Pays-Bas: l'exécutif dévoile un nouveau dispositif

Avec 194.516 cas, on pourrait croire les Pays-Bas logés à (relativement) meilleure enseigne que leurs voisins malgré les 6689 morts causées par la pandémie en 2020. Sauf que le contingent de malades contaminés par le Covid-19 y grimpe en flèche ces dernières semaines. Selon les statistiques présentées sur le site de ses autorités sanitaires, le pays a comptabilisé 43.903 nouveaux infectés entre le 7 octobre et ce mardi, contre 27.485 la semaine précédente. Le taux de positivité de la campagne de dépistage est actuellement de 13,8%.

Le gouvernement, comme l'a remarqué ici Le Monde, a décidé de nouveaux dispositifs le 28 septembre dernier, interdisant notamment les rassemblements supérieurs à 40 personnes et obligeant les clients des restaurants et des bars à réserver. Ceux-ci sont de surcroît tenus de fermer à 22h.

• Belgique: 4450 nouveaux cas par jour

Plus au sud, la Belgique est acculée à une position similaire. On y a jusqu'ici dénombré 165.880 cas et 10.211 morts. Tout au long de la dernière semaine, d'après les données des services de santé locaux, le royaume a essuyé 4450 nouveaux cas par jour en moyenne environ. Le taux de positivité des tests atteint 11,1%.

Bars et cafés se claquemurent à 23h dorénavant, mais les restaurants peuvent encore pousser jusqu'à 1h du matin selon les mesures consignées sur ce site officiel.

• Couvre-feu en Allemagne

Longtemps montrée en exemple pour ses chiffres inférieurs à ceux de la France en dépit d'une population pourtant plus nombreuse, l'Allemagne affronte elle aussi le regain de force du virus sur ses terres. On a constaté pour le moment 332.850 cas confirmés en Allemagne selon l'université Johns-Hopkins, pour 8649 morts, mais le rythme de la diffusion du Covid-19 augmente: en moyenne, 4000 cas environ s'ajoutent au total de la veille ces derniers jours.

Pour répondre au défi sanitaire, l'Allemagne, où les länders jouissent de larges prérogatives, a imposé une forme de couvre-feu, notamment à Berlin: restaurants, bars et commerces sont clos entre 23h et 6h du matin, et ce au moins jusqu'au 31 octobre, tandis que les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits à l'extérieur, comme ceux de plus de dix personnes dans les logements.

• Seconde vague plus forte en République tchèque

Derrière les frontières allemandes, la République tchèque est en train de changer de couleur. En effet, alors qu'au printemps dernier, le territoire constituait une exception européenne au vu de la rareté des cas, il en compte à présent 121.421, et 1097 morts. L'AFP note même que la République tchèque a vu son record de contaminations en une journée tomber quatre jours de suite, signalant notamment 8618 cas vendredi.

L'escalade angoisse le gouvernement local au point que celui-ci songe à imposer un nouveau confinement, comme l'affirme la presse, dont le média suisse Le Matin. Avant de parvenir à cette extrémité, il a déjà concrètement pris des décisions drastiques, annoncées lundi et citées par Radio Prague, pour les semaines à venir: les écoles, hors maternelles, doivent fermer à compter de ce mercredi et ce, jusqu'au 2 novembre. Les bars, les restaurants et les boîtes de nuit vont aussi être mis en sommeil jusqu'au 3 novembre.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV