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Covid-19: en Israël, le spectre d'un nouveau confinement dès septembre

Une femme se faisant vacciner à Tel-Aviv en Israël, le 5 juillet 2021

Une femme se faisant vacciner à Tel-Aviv en Israël, le 5 juillet 2021 - JACK GUEZ / AFP

Face à l'augmentation brutale de cas et d'hospitalisations dans le pays, le nouveau gouvernement envisage de nouvelles mesures fortes en marge des fêtes juives à venir.

Vers de nouvelles mesures coercitives fortes en Israël? Alors que l'Etat hébreu semblait plus ou moins sorti d'affaire il y a plusieurs semaines, une vaccination rapide avait permis un déconfinement précoce de la population, la situation sanitaire se retend dans certaines régions du pays. Particulièrement inquiétant, le nombre de cas moyens sur une semaine qui est repassé au-delà des 3500 à la faveur de la diffusion du variant Delta, un taux qui, s'il est rapporté à la population, serait supérieur à celui de France apprend Le Parisien.

Retour de la coercition

De fait, cette situation instable pourrait pousser les autorités à instaurer un nouveau confinement, qui serait le quatrième depuis le début de la crise du Covid-19. Comme l'explique le média The Times of Israël, le nouveau Premier ministre du pays, Naftali Bennett, a indiqué à plusieurs de ses collaborateurs qu'un confinement opéré durant les prochaines fêtes juives dont Roch Hachana, Yom Kippour et Souccot, en septembre prochain, était envisagé.

"Nous essayons tout pour ne pas en venir à ça mais, si on se retrouve dans une situation où le système de santé est tendu au point que l’on craigne son effondrement, il n’y aura pas le choix", a averti de son côté Nachman Ash, le directeur général du ministère de la Santé, dans des propos repris par le quotidien francilien.

Plusieurs mesures ont d'ores-et-déjà été prises afin de circonscrire la diffusion du virus, qui pourrait également retarder la rentrée scolaire en septembre. Ces dernières semaines, les autorités ont demandé à leurs citoyens de s'abstenir de voyager à l'étranger et, à partir du 16 août, les voyageurs en provenance d'une liste élargie de pays devront s'isoler à leur arrivée dans le pays, rappelle i24news. Un passeport vert, sorte de pass sanitaire local, est désormais demandé afin d'accéder à plusieurs lieux.

La vaccination piétine

Dans le détail de la situation sanitaire israélienne, plusieurs voyants repassent en effet au rouge. Au-delà des cas mentionnés précédemment, en ce qui concerne les hospitalisations, en l'espace d'un seul mois, le nombre d’admissions en soins intensifs par semaine est passé de quasiment 0 à 400.

Autre grain de sable dans les rouages israéliens, la vaccination. Alors que le pays pouvait se targuer de premières semaines d'immunisation rapide, les injections semblent faire du sur-place dans ce pays où 60% des habitants sont vaccinés, dont plus de 90% des plus de 70 ans. L'immunité collective n'est, pour l'heure, pas atteinte.

Pourtant, selon les chiffres hospitaliers une nouvelle fois repris par Le Parisien, ces derniers sont bel et bien efficaces puisque 87,9 patients dans un état grave pour 100.000 sont non vaccinés, 26,8 pour 100.000 partiellement vaccinés, et 15,6 pour 100.000 complètement vaccinés chez les plus de 60 ans.

Alors, afin de redonner un élan à la vaccination, les autorités locales, en particulier avant la tenue des fêtes religieuses, insistent sur la vaccination chez les plus jeunes. De leur côté, les personnes de plus de 60 ans sont appelées à recevoir une troisième dose de vaccin, bien que l'effet ne soit pas encore entièrement prouvé scientifiquement.

Oppositions

D'autant qu'un nouveau confinement, même temporaire, pourrait avoir de graves conséquences économiques et sociales sur la société israélienne. Plusieurs membres de l'opposition, mais aussi des ministres du gouvernement local, se sont d'ailleurs positionnés en défaveur de cette décision.

"Un confinement n'est pas la bonne solution. Il n'est pas clair qu'il y ait une corrélation entre un confinement et une baisse des [cas] confirmés et des patients dans un état grave. Ce qui est clair, c'est qu'il existe une corrélation entre le confinement et les dommages économiques. [...] Nous devons nous préparer à vivre aux côtés du coronavirus. Tout comme nous savons vivre aux côtés de la grippe, il en va de même pour le coronavirus", a ainsi déclaré le ministre des Finances Avigdor Lieberman, lors d'un point presse tenu ce lundi.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV