BFMTV

Coronavirus en Chine: "tout le monde commence à avoir peur", témoigne une Française expatriée à Wuhan

À l'heure actuelle, il est impossible de quitter la métropole de 11 millions d'habitants, qui est désinfectée par les autorités sanitaires chinoises.

Face à la propagation de l'épidémie de coronavirus qui a déjà fait près d'une vingtaine de morts en Chine et contaminé plusieurs centaines de personnes, Pékin a décidé de sortir les grands moyens. Mercredi, la métropole de Wuhan ainsi que la ville voisine de Huanggang ont été placées en quarantaine, et plus aucun train ni avion ne peut y circuler. 

Huanggang, une métropole de 7,5 millions d'habitants à 70 km plus à l'est, fait l'objet de mesures similaires. Tout près, Ezhou (1,1 million d'habitants) a fermé sa gare. À l'ouest de Wuhan, une autre localité, Xiantao, a condamné les accès à une grande voie de circulation et au sud Chibi a interrompu tous ses transports publics. Ces deux cités rassemblent plus de deux millions d'habitants

"Tout le monde commence à avoir peur"

Contactée par BFMTV, Aurélie, étudiante à Wuhan, décrit le quotidien de la ville confinée depuis maintenant 24 heures. 

"Il y a des policiers partout, il y a des barrages, il n’y a plus de taxis. Il y a des gens en voiture qui ont essayé de sortir de la ville mais des policiers leur ont demandé de revenir, ils ne peuvent pas quitter Wuhan pour l’instant", détaille-t-elle. 

La jeune femme a également décrit les moyens mis en place par les autorités locales afin de tenter d'endiguer le virus. "À partir de 5 heures il n’y avait plus personne dehors parce qu’ils ont désinfecté la ville entière. Il y a des gens avec des combinaisons qui ont désinfecté toute la ville. On commence à avoir peur, tout le monde commence à avoir peur", assure-t-elle. 

Franck, salarié de PSA et expatrié à Wuhan, explique sur notre antenne avoir été surpris de ne trouver aucun contrôle sanitaire à son arrivée sur le sol français, alors qu'il revenait de la ville au coeur de l'épidémie, puisque plus de 570 personnes y sont contaminées.

"À mon arrivée à Charles-de-Gaulle, je vois des journalistes, et là je m'attendais aussi voir quelques blouses blanches de manière à faire quelques contrôles sanitaires", raconte Franck. "Je pensais par exemple à des caméras thermiques qui mesurent la température des gens, comme il y a beaucoup en Asie même en temps normal. Vous ne rentrez pas à Singapour ni en Malaisie comme ça. Là on est quand même face à une situation de crise et j'ai été étonnée qu'il n'y ait absolument rien".

"Dispositif spécifique" pour les ressortissants français

En ce qui concerne l'ensemble des ressortissants français en Chine, le ministère des Affaires étrangères a annoncé ce jeudi la mise en place d'un dispositif spécifique d'information face à la propagation.

"Un dispositif spécifique et permanent de suivi et de réponse aux préoccupations des Français a été mis en place par le Centre de crise et de soutien du ministère (..) en coordination avec l'ambassade de France à Pékin et l'ensemble de nos consulats généraux en Chine", est-il précisé.

La France dispose de sept consulats dans ce pays, dont un à Wuhan, la métropole de 11 millions d'habitants. La ville abrite plusieurs usines des constructeurs automobiles français Renault et PSA Peugeot Citroën

Les représentations diplomatiques françaises seront fermées au public de vendredi à mardi en Chine en raison des festivités du Nouvel an chinois. Le consulat de Wuhan restera toutefois joignable 24 heures sur 24 par téléphone, selon les informations disponibles sur le site internet de l'ambassade. À Paris, le Centre de crise et de soutien du ministère est également joignable 24 heures sur 24.

Hugo Septier avec AFP