BFMTV

Coronavirus dans un camp syrien: nouvel appel au retour des Françaises de Daesh et leurs enfants

Un enfant dans le camp de al-Hol, en Syrie, où se trouvent la majorité des femmes et enfants étrangers affiliés à Daech, le 14 janvier 2020

Un enfant dans le camp de al-Hol, en Syrie, où se trouvent la majorité des femmes et enfants étrangers affiliés à Daech, le 14 janvier 2020 - Delil Souleiman / AFP

L'ONU a annoncé la semaine dernière que trois soignants travaillant dans le camp d'Al-Hol au nord-est de la Syrie avaient contracté le nouveau coronavirus.

Les proches des femmes et enfants français détenus en Syrie pour appartenance à Daesh ont appelé ce vendredi Paris à les rapatrier "immédiatement" au vu de "l'urgence sanitaire" après la découverte de premiers cas de coronavirus dans le camp d'Al-Hol.

L'ONU a annoncé la semaine dernière que trois soignants travaillant dans ce camp du nord-est syrien avaient contracté le nouveau coronavirus.

Il s'agit des premières infections officiellement recensées dans ce lieu surpeuplé où s'entassent des dizaines de milliers de déplacés, dont des familles ayant vécu au sein de Daesh cantonnés et surveillés par les autorités kurdes locales.

"Des milliers d'enfants et de femmes, dont le système immunitaire est affaibli par la malnutrition, les privations, les maladies, sont en danger de mort", avertit dans un communiqué le collectif Familles unies, rappelant aussi le pic de surmortalité infantile enregistré sur place début août.

Jeudi, l'ONG Save the Children s'est en effet alarmée de la mort de 8 enfants de moins de cinq ans entre le 6 et le 10 août, victimes "de problèmes cardiaques, d'hémorragies internes ou de malnutrition sévère". L'ONG a dénoncé un "échec" humanitaire collectif. En 2019, 371 enfants sont morts à Al-Hol, selon une responsable du Croissant-Rouge kurde.

"Un scandale et une ignominie"

"Plus de 700 enfants européens, et parmi eux plus de 200 enfants français, survivent dans des conditions épouvantables dans les camps de Roj et de Al-Hol, certains depuis plus de deux ans", affirme le collectif qui cite aussi la menace toujours réelle de Daesh, dont un commando a attaqué l'un des camps récemment.

"Que des enfants français croupissent depuis des années dans les camps sordides d'un pays en guerre (...) est un scandale et une ignominie", fustige le collectif. Pour ces proches, la France et l'Europe "doivent se décider enfin à respecter leurs propres règles et surtout leurs propres valeurs".

Familles unies regroupe des dizaines de proches de Français détenus en Irak et en Syrie et multiplie depuis plusieurs années les actions pour obtenir que la France rapatrie l'ensemble des mères et enfants. Jusqu'ici, 28 mineurs ont été rapatriés, surtout des orphelins ou les enfants des rares mères qui acceptent de s'en séparer.

Début juillet, la nomination comme ministre de la Justice d'Eric Dupond-Moretti, qui s'était prononcé pour le retour des jihadistes français de Syrie et d'Irak afin qu'ils soient jugés dans leur pays, avait suscité l'espoir de leurs familles. Le ministre s'est ensuite montré solidaire de la ligne du gouvernement qui examine "au cas par cas" les éventuels rapatriements des enfants.

C.Bo. avec AFP