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Coronavirus au Maroc: la fermeture précipitée de huit villes provoque le chaos sur les routes

Dimanche soir, le gouvernement marocain annonçait la mise à l'isolement de huit villes. Cette mesure à effet presque immédiat a provoqué une panique au sein de la population.

Embouteillages géants sur les routes et gares prises d'assaut: la décision éclair, annoncée dimanche à 19h, des autorités marocaines d'isoler huit villes face au risque de propagation du coronavirus, a provoqué des scènes de chaos. Seuls ceux détenant des permis spéciaux peuvent entrer et sortir des villes concernées, à savoir: la capitale économique Casablanca, la capitale touristique Marrakech, dans le sud du pays, la métropole portuaire de Tanger - deuxième pôle économique du royaume - mais aussi Tetouan, Fès, Meknes, Berrechid et Settat.

L'annonce de ces restrictions aux déplacements via un communiqué conjoint des ministères de l'Intérieur et de la Santé cinq heures avant la prise d'effet dimanche à minuit (23H00 GMT) a même provoqué plusieurs accidents de la route, selon plusieurs médias locaux.

La fermeture "jusqu'à nouvel ordre" des huit villes - qui réunissent plus de la moitié de la population du pays - a été décidée en raison de la "hausse considérable" des cas de contamination à quelques jours de l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane du sacrifice, prévue vendredi et traditionnellement marquée par des réunions familiales.

"Ils auraient dû nous informer quelques jours avant"

La route de montagne menant de Marrakech à Ouarzazate restait encore bloquée lundi matin du fait de l'afflux de voitures, selon la même source. "Je comprends que tout le monde soit en colère mais nous n'avons pas le choix: la situation épidémiologique au Maroc est inquiétante avec une hausse du nombre de décès et des cas graves", a déclaré lundi le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb. Le pays a "enregistré en une semaine plus de cas de contamination qu'en quatre mois", a-t-il précisé au cours d'un point de presse.

Des Marocains ont dit leur désarroi devant les caméras, comme le montre notre vidéo. Ainsi, Mohsen a expliqué: "Ils auraient dû nous informer au moins deux ou trois jours avant pour qu’on ne se retrouve pas dans cette situation. Il y a des gens qui attendent toute l’année pour retrouver leur famille. C’est pas raisonnable."

"Ils prennent leurs décisions seuls et ne pensent pas à nous, aux citoyens qui veulent partir avec leurs enfants ou leurs familles, qui attendaient ça depuis longtemps. Décider de tout fermer en quelques heures, c’est inacceptable et honteux", a déclaré quant à elle Ahlam. Les contrevenants s'exposent à une peine de trois mois de prison et 115 euros d'amende. Ces derniers jours ont été marqués par un nombre record de contaminations: 811 samedi et 633 dimanche. Au total, 20.887 cas ont été officiellement enregistrés, dont 316 morts.

R.V. avec AFP