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Coronado : « Ingrid, une femme hors du commun »

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Ingrid Betancourt est libre. Son biographe, Sergio Coronado revient sur le parcours de cette femme "hors du commun".

Quelques heures après la libération d’Ingrid Betancourt, Jean-Jacques Bourdin a reçu Sergio Coronado, auteur de la biographie « Ingrid », aux Editions Fayard. Il dresse un portrait de la franco-colombienne, libre, forte et lucide.

L’état de santé d’Ingrid
« On a beaucoup spéculé sans avoir de véritables informations. Les images que l’on avait vues d’elle fin novembre, au moment de l’interception des preuves de vie, donnaient une image effectivement d’une femme amaigrie, le visage très émacié. Mais on sait aussi que ces images là s’étaient retournées contre les FARC, et que depuis, sans doute, elle avait pu être soignée ou mieux gardée.

Ingrid croyante
La Colombie est un pays extrêmement catholique. Chez Ingrid, qui est effectivement très croyante, il y a aussi quelque chose qui relève d’un engagement puisque dans une des preuves de vie qu’elle avait donnée, elle demandait à sa famille tous les samedi midi de se réunir et de prier le Rosaire en pensant à elle. C’est vrai que l’on avait cru, au moment où ces images terribles avaient été rendues publiques, qu’elle portait des menottes aux poignets. En fait, c’était simplement un chapelet qu’elle avait tressé avec des lianes tropicales.

Force de caractère et lucidité
Ingrid a une force de caractère étonnante et elle a surtout aussi beaucoup de lucidité. Les preuves de vie communiquées depuis six ans le démontrent. Dans ses messages enregistrés, elle a toujours pesé ses mots, calculé au millimètre près ses phrases. Je rappelle qu’elle n’a jamais été opposée à une libération militaire. Elle a simplement mis au défi le Président Uribe de porter la responsabilité du succès ou de l’échec des opérations de libération. Je rappelle aussi que dans cette libération, elle trouve les mots qui lui permettent à la fois de se poser en symbole de la Colombie, en remerciant les forces militaires, et qu’elle remercie également Alvaro Uribe, un personnage avec qui elle n’a jamais entretenu des relations très amicales.

Va-t-elle revenir à la politique ?
Je pense qu’aujourd’hui elle a le choix de pouvoir reprendre le flambeau de son combat politique. Je crois que ce n’est plus la même Ingrid Betancourt, elle est aujourd’hui un symbole. Elle dit d’ailleurs sur le tarmac de l’aéroport qu’elle pense que son destin était de vivre ce qu’elle vient d’endurer, qu’elle devait connaître cette autre Colombie. Le fait d’avoir été captive pendant six ans aux mains des FARC lui a fait se rendre compte de la misère extrême dans les campagnes de cette partie du pays totalement oubliée de la croissance économique, et qui fait l’objet à la fois de feux croisés des paramilitaires, de la guérilla et de l’indifférence des pouvoirs publics. »

La rédaction-Bourdin & Co