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Centrafrique: un an d'opération Sangaris, et après?

Un homme à la recherche de musulmans à tuer à Bangui en février 2014.

Un homme à la recherche de musulmans à tuer à Bangui en février 2014. - Issouf Sanogo - AFP

REPORTAGE BFMTV - Un an après le début de l'opération française "Sangaris" en Centrafrique, l'insécurité existe encore dans ce pays ruiné et déchiré par la guerre.

C’était il y a un an, le 5 décembre 201.3 La France lançait l’opération Sangaris en Centrafrique. Cette intervention sous mandat de l’ONU visait à rétablir la sécurité dans ce pays de 5 millions d’habitants, alors en pleine guerre civile. Ce pays, composé à 80% de Chrétiens et 15% de musulmans, s’était effondré.

La Séléka, une rébellion à dominante musulmane, semait le chaos, en pillant et massacrant les chrétiens. En face, les anti-balakas, des miliciens majoritairement chrétiens, se vengeaient sur la minorité musulmane. Les violences et exactions avaient fait des milliers de morts et 800.000 déplacés et réfugiés.

Un an plus tard, trois forces internationales sont présentes en Centrafrique: Sangaris, Minusca (ONU) et Eufor-RCA (Union européenne). 2.000 soldats français sont toujours déployés. Ils devraient être réduits à 1.500 d'ici l'été prochain, a annoncé Jean-Yves Le Drian sur BFMTV vendredi matin. "Il y a un risque de vide sécuritaire dans ce pays", s'inquiète le ministre de la Défense.

Agressions et racket

En effet, si les tueries ont cessé dans la capitale Bangui, la criminalité reste très élevée du fait de la profusion des armes et de la misère. Les troupes françaises ont détruit plus de 2.000 armes depuis le début de l’intervention. Et lors de leur reportage, les équipes de BFMTV ont pu constater à quel point le calme était fragile et les incidents réguliers.

Les anti-balakas, ces miliciens en majorité chrétiens, restent actifs. Fondus dans la population, beaucoup ont basculé dans la délinquance. Ces bandes armées, aujourd’hui criminelles, agressent et rackettent toute la population.

De nombreux blessés à l'hôpital de Bangui

L'hôpital de Bangui, géré par MSF, reçoit tous les jours des blessés victimes des pics de violence. Et de nombreuses femmes violées par les miliciens.

En province, des bandes armées continuent de sévir dans un pays où l'Etat a disparu de vastes régions, après des décennies de troubles et d'incurie. Le pays est comme coupé en deux. A l’ouest les anti-balakas, à l’est les rebelles de la Séléka toujours actifs. Le défi pour ramener la paix reste donc immense.

K. L avec Guillaume Couderc