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Bruxelles: 300 nationalistes troublent l'hommage aux victimes des attentats

La manifestation place de la Bourse a Bruxelles est perturbée par de présumés militants d'extrême droite. Ils ont été évacués par la police antiémeute.

La manifestation place de la Bourse a Bruxelles est perturbée par de présumés militants d'extrême droite. Ils ont été évacués par la police antiémeute. - Patrick Stollarz - AFP

Malgré le report à une date indéterminée de "la marche contre la peur" qui était prévue ce dimanche, des milliers de Belges se sont rassemblés place de la Bourse, au coeur de la capitale. Une manifestation perturbée par 300 présumés militants d'extrême droite.

Les Belges, privés de leur "marche contre la peur", ont quand même tenu à se rassembler, ce dimanche à Bruxelles. Des dizaines de personnes ont ainsi continué à se relayer en ce dimanche de Pâques place de la Bourse, transformée en mémorial depuis les attentats suicide de mardi.

Par petits groupes, elles ont déposé des bougies, entonné des chants et rendu hommage en silence aux victimes, sous bonne garde des forces de l'ordre. L'image aurait pu être belle. Et pourtant. 

Quelque 300 militants d'extrême droite font irruption

En début d'après-midi, l'événement a été perturbé par trois cents présumés militants d'extrême droite qui, vêtus de noir, scandaient des slogans, comme:

"On est de hooligans, on est chez nous". 

"Complices terroristes, complices terroristes", ont-ils encore lancé. Après un face-à-face tendu avec des dizaines de personnes venues se recueillir pacifiquement sur les marches de la place de la Bourse, les manifestants ont été dispersés à l'aide des canons à eau de la police anti-émeute.

"Sales gauchistes"

De noir vêtus et portant parfois une écharpe pour se cacher le visage, les manifestants, généralement réticents à parler à la presse, se présentaient comme "hooligans" et "patriotes", reprenant à plusieurs reprises des chants de supporteurs nationalistes.

"On est des ultras de foot, on n'a rien à voir avec la politique. On est ici pour les victimes et leur rendre hommage", a assuré Andres, un supporteur du FC Bruges. Cependant, des slogans hostiles au Parti socialiste ou aux "sales gauchistes" ont fusé.

Plusieurs manifestants ont fait des bras d'honneur à l'encontre des manifestants pacifistes qui ont répliqué "le fascisme ne passera pas". D'abord surveillés à distance par les forces anti-émeutes, puis encadrés de plus en plus étroitement, ils ont aussi répété des slogans virulents à l'endroit du groupe jihadiste Etat islamique, qui a revendiqué les attentats jihadistes de mardi qui ont fait 28 morts à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles.

"Une honte pour le pays"

Un manifestant a dénoncé "un véritable scandale". Selon lui, "les policiers ont laissé passer les hooligans et les ont même accompagnés" jusqu'à la place de la Bourse. Les militants d'extrême droite auraient aussi "tapé des gens". "Ce n'est pas la première fois qu'ils (les policiers, ndlr) laissent passer des fachos", ajoute-t-il.

Après une demi-heure de confrontation verbale, les forces de l'ordre, aidées de deux camions anti-émeutes, ont fait reculer les hooligans qui n'ont pas manqué de les applaudir ironiquement en les accusant d'être des "complices de Daesh".

Plusieurs panneaux de circulation et du matériel urbain ont été dégradés lors de leur dispersion. "Je suis scandalisé par ce qui se passe, de constater que de telles crapules, aux visées de nazis, viennent provoquer les habitants sur les lieux de leur hommage. C'est une honte pour le pays", a déclaré le maire de Bruxelles Yvan Mayeur, selon l'agence de presse Belga. Le bourgmestre a déploré que rien n'ait été fait "pour les empêcher de s'y rendre", alors que les autorités étaient prévenues selon lui de la volonté d'en découdre de ces hooligans, flamands pour la plupart.

Le calme est revenu

Le calme est revenu en milieu d'après-midi place de la Bourse. "Je suis très en colère. Clairement, ça m'a mis une haine en moi que je ne voulais pas avoir. C'est triste, on est là pour se recueillir et des gens profanent. Mais je suis contente que ça ait repris son calme, qu'on puisse rendre hommage en paix aux gens qui sont morts", a dit à l'Agence France-Presse (AFP) Aurore, une participante au rassemblement pacifique.

D. N. avec AFP