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Beslan: 10 ans après le massacre, le seul terroriste survivant "ne se sent pas coupable"

Nur-Pashi Kulayev lors de son procès le 19 mai 2006, à Vladikavkaz.

Nur-Pashi Kulayev lors de son procès le 19 mai 2006, à Vladikavkaz. - Kazbek Basayev - AFP

Par son bilan effroyable et le massacre d'enfants, ce drame avait durablement marqué les esprits. Au dixième anniversaire de cette prise d'otages et de l'assaut controversé ordonné par Vladimir Poutine, la chaîne Russia Today a diffusé un documentaire relatant certains propos du seul terroriste encore en vie.

La Russie commémore en ce 1er septembre les dix ans d'une effroyable tragédie. Celle de la prise d'otages de Beslan, une action terroriste menée en 2004 par des séparatistes tchétchènes dans une école de cette ville d'Ossétie-du-Nord-Alanie, au sud de la Russie. Après trois jours de siège, l'assaut avait été donné par les forces spéciales russes, sur ordre de Vladimir Poutine. Une initiative pour le moins controversée puisque le bilan officiel de ce coup de force s'élève à 334 morts, dont 186 enfants et 700 blessés.

Le pape François a, rapporte le quotidien italien Brescia cité La Croix, indirectement adressé lundi un message de soutien aux rescapés de ce drame et recevra la semaine prochaine l'évêque de cette ville à la population chrétienne orthodoxe. 

"Ni moi, ni personne d'autre n'aurait pu les sauver"

Ce n'est pourtant pas ce message d'apaisement qui fait le plus parler de lui ce lundi, mais les propos de Nur-Pashi Kulayev, seul terroriste survivant parmi la trentaine qui avaient participé à cette prise d'otages, que rapporte Russia Today dans un documentaire sur le sujet. "Je ne me sens pas coupable pour toutes ces femmes et ces enfants qui sont morts. Mais je peux dire que ni moi, ni personne d’autre n’aurait pu les sauver. Les décisions étaient prises par d’autres personnes", lâche-t-il à la chaîne de télévision russe. Selon lui, la responsabilité du massacre incombe à ses supérieurs.

"Je ne voudrais pas que mes enfants partagent mon sort"

Face à la douleur des familles des victimes, Nur-Pashi Kulayev assume pleinement cette ligne de défense. Refusant de répondre aux lettres que lui ont adressées plusieurs mères de victimes, il livre néanmoins cette réaction devant la caméra: "Une femme m’a demandé si je voulais que mes enfants soient comme moi. J’aimerais vraiment qu’ils soient comme moi, bien sûr. Mais je ne veux pas qu’ils partagent mon sort. Je ne le voudrais pas. Mais je ne serais heureux que s’ils sont vraiment comme moi".

L'ex-terroriste, qui a vu sa condamnation à mort commuée en prison à vie est détenu dans une prison de haute sécurité, un ancien monastère situé sur l'île de Ognenny Ostrov, à 400 kilomètres au nord de Moscou.