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Serge Atlaoui condamné à mort, sa famille implore François Hollande

La Cour suprême d'Indonésie a rejeté la demande de procès en révision de Serge Atlaoui mardi.

La Cour suprême d'Indonésie a rejeté la demande de procès en révision de Serge Atlaoui mardi. - Romeo Gacad - AFP

La Cour suprême d’Indonésie a rejeté mardi l’ultime recours du Français Serge Atlaoui, condamné à mort dans ce pays pour trafic de drogue. Sa famille en appelle à François Hollande et l'Union Européenne pour le sauver. Depuis 2005, l’homme de 51 ans n'a eu de cesse de clamer son innocence.

Les proches de Serge Atlaoui expriment leur "désarroi". "Notre famille en appelle au président de la République, M. François Hollande et à l'Union européenne pour mettre tout en oeuvre pour sauver Serge Atlaoui du peloton d'exécution", a déclaré son frère à l'AFP.

Mais pour le Français de 51 ans, l'espoir s’amenuise. Cet homme de 51 ans originaire de de la région de Metz vient en effet de voir sa condamnation à mort confirmée par la justice indonésienne. Dix ans après son arrestation, Serge Atlaoui a épuisé toutes les voies de recours. La Cour suprême qui devait se prononcer sur l’ouverture d’un procès en révision vient de rejeter la demande de ce citoyen français. "Il n’y a pas de nouveaux éléments, et les raisons avancées dans le recours ne peuvent pas effacer le crime commis par le condamné" a déclaré à l’AFP l’un des trois magistrats à l’origine de la décision. Richard Sédillot, l'avocat de Serge Atlaoui explique ce mardi sur BFMTV qu'il va désormais tenter "de convaincre l'Union européenne d'absolument tout mettre en oeuvre pour intervenir très très très fermement".

Car Serge Atlaoui a toujours affirmé son innocence. Ce père de quatre enfants, artisan soudeur, s’était rendu pour la première fois en Indonésie en septembre 2005. Le Français vient alors d’accepter un travail pour un Néerlandais, payé 2.000 euros par semaine: il est chargé d'installer des machines dans une usine d’acrylique. Deux mois plus tard, il effectue un second voyage sur place. L’atelier regorge de matériel et des parties de l’usine sont interdites d’accès. "Sur place, il réalise que l’ambiance est délétère et demande à rentrer", raconte son avocat au Monde. "Mais il ne disposait pas de la somme nécessaire pour son billet d’avion, et ses employeurs l’ont contraint à finir son travail".

La justice le considère comme le chimiste

Le Français a-t-il eu connaissance que l'usine servait en réalité à produire de la drogue? Serge Atlaoui affirme que non, mais le 11 novembre 2005, il est arrêté avec toutes les personnes présentes dans l’usine et accusé de trafic de drogue. Un an plus tard, il est condamné à la prison à perpétuité, une peine confirmée en appel. Mais en 2007, la Cour suprême d'Indonésie décide d’aggraver la sanction et condamne l’artisan à la peine capitale. Alors qu’il affirme n’avoir fait qu’installer des machines, la justice lui colle pourtant l’étiquette de chimiste.

Depuis sa prison, Serge Atlaoui assure au Républicain Lorrain qu’il a été utilisé pour un rôle mineur et qu'il n’a "jamais touché de produits chimiques". Serge Atlaoui, sa femme et ses avocats dénoncent la disproportion de la peine. "Mon mari n’est pas un baron de la drogue. Il ne mérite pas la peine de mort. En votre âme et conscience, n’exécutez pas mon mari" avait lancé Sabine Atlaoui au président indonésien.

Mais après la grâce présidentielle refusée et le dernier recours épuisé, le Français pourrait bientôt être exécuté. Intraitable, l’Indonésie a annoncé son souhait d’exécuter rapidement une dizaine de personnes condamnées à mort pour trafic de drogue.

Le gouvernement inflexible face au trafic de drogue

Malgré les injonctions du gouvernement français, mais aussi australien, dont deux ressortissants sont aussi condamnés à mort, Joko Widodo, le président indonésien, justifie sa fermeté. "Nous voulons envoyer un message fort aux trafiquants de drogue qui se servent de l’Indonésie comme usine et montrer le sérieux que nous mettons pour éradiquer le problème de la drogue, et cela passe par l’exécution si le tribunal les condamne à mort", persiste le président sur Al Jazeera.

Depuis l’abolition de la peine de mort en France en 1981, aucun Français condamné à mort n’a été exécuté à l’étranger. Depuis Paris, Laurent Fabius espère ce mardi que l'Indonésie aura "un geste de clémence". Les exécutions en Indonésie se déroulent chaque dimanche à 1 heure du matin, heure française. Si l'exécution a lieu ce week-end, la famille sera prévenue jeudi.

Carole Blanchard