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Sabine Atlaoui "très inquiète" pour son mari sur le point d’être exécuté en Indonésie

BFMTV a rencontré Sabine Atlaoui mercredi dans les locaux de l'association Ensemble contre la peine de mort à Montreuil.

BFMTV a rencontré Sabine Atlaoui mercredi dans les locaux de l'association Ensemble contre la peine de mort à Montreuil. - BFMTV

Condamné à mort en 2005 en Indonésie pour trafic de drogue, le Français Serge Atlaoui vit-il ses dernières heures? Le nouveau pouvoir en place semble décidé à ce que son exécution intervienne rapidement. Ses proches restent toutefois très mobilisés et un ultime recours judiciaire a été tenté. BFMTV a rencontré son épouse Sabine.

L'épouse du Français Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue confie être "très inquiète". Sa demande de grâce a été récemment rejetée et Sabine Atlaoui craint une prochaine exécution tout en disant vouloir une prochaine exécution.

Serge Atlaoui, un Français de 51 ans originaire de Metz, a été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy, à Tangerang, ville de la banlieue de Jakarta. Il a été condamné en 2007 à la peine capitale pour trafic de drogue.

Incarcéré en Indonésie depuis dix ans, il s'est toujours défendu d'être un trafiquant, affirmant être parti dans ce pays pour une courte période, afin d'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique.

Elle explique que le moral de son mari "a pris un coup": "Il a quand-même vu deux codétenus partir du jour au lendemain à l'exécution. Ils ne sont pas avertis, c'est brutal. C'est violent. Le lendemain ils ne sont plus là"

Ça peut arriver à "n'importe qui"

Le Français a vu récemment sa demande de grâce rejetée par le président de la République indonésienne. Son nom a été cité à plusieurs reprises dans les médias locaux parmi les étrangers condamnés à mort qui pourraient être bientôt exécutés. Les avocats de Serge Atloui ont déposé mardi dernier une demande en révision du procès, auprès du tribunal de Tangerang. Cette procédure, en théorie non suspensive, s'apparente à une tentative de la dernière chance.

"Nous espérons très sincèrement que la justice indonésienne acceptera de réexaminer ce dossier car alors, c'est certain, elle sera convaincue que son rôle n'est pas du tout le rôle pour lequel il a été condamné", souligne Me Richard Sedillot.

Des dizaines d'Indonésiens et d'étrangers condamnés à la peine capitale pour des affaires de stupéfiants sont dans le "couloir de la mort" en Indonésie, un pays dont la législation en la matière est l'une des plus sévères au monde.

"Ce genre de situation et ces circonstances peuvent arriver à n'importe qui", estime Sabine Atlaoui.

Six condamnés, parmi lesquels cinq étrangers, ont été exécutés par balle le 18 janvier. Il s'agissait des premières exécutions depuis l'arrivée au pouvoir en octobre du président Joko Widodo. Ce dernier avait déclaré peu après sa prise de fonction qu'il n'y aurait "pas de grâce" pour les affaires de drogue.

Efforts diplomatiques

Si les recours diplomatiques et judiciaires devaient échouer, Serge Ataloui serait "le premier Français à être exécuté depuis l'abolition peine de mort en France", (1981) rappelle Raphaël Chenuil-Hazan directeur de l'association "Ensemble contre la peine de mort".

Le ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, devait se rendre en Indonésie cette semaine pour plaider en faveur d'une suspension de la procédure, avant de reporter le voyage en raison de la crise ukrainienne.

François Hollande a écrit au président indonésien pour plaider la cause de Serge Atlaoui et lui demander de surseoir à son exécution.

K. L. avec Julia Delage