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Tchétchénie: des pays commencent à accorder des visas aux homosexuels persécutés

Le président tchétchène Ramzan Kadyrov s'exprime à Jérusalem, le 23 mars 2014. (Photo d'illustration)

Le président tchétchène Ramzan Kadyrov s'exprime à Jérusalem, le 23 mars 2014. (Photo d'illustration) - Menahem Kahana - AFP

Les personnes fuyant la Tchétchénie après les persécutions envers les personnes LGBT dans la république russe commencent tout juste à obtenir des visas.

Neuf Tchétchènes ont obtenu des visas à l'étranger après avoir fui leur pays à la suite des persécutions contre les personnes LGBT, rapporte la BBC. Deux d’entre eux ont été dirigés vers la Lituanie, qui a confirmé mercredi au Baltic News Service la délivrance de deux visas à "deux Tchétchènes qui ont subi des persécutions à cause de leur orientation sexuelle".

Le ministre des Affaires étrangères lituanien Linas Linkevicius a enjoint les autres pays de l’Union Européenne à faire de même. "Il est très important d’agir, car ils souffrent", a-t-il plaidé à la BBC.

Les militants de l'association Russian LGBT Network sont en discussions avec cinq pays pour obtenir des visas aux personnes persécutées, et indiquent qu’une quarantaine de survivants aux camps se cachent encore dans différents endroits de la Russie.

La liste complète des pays n’a pas été révélée, mais le réseau d’activistes indique que deux d’entre eux ne se situent pas dans l’Union Européenne. Mercredi dernier, Buzzfeed News a révélé que les Etats-Unis ne seraient pas enclins à délivrer des visas.

"Nous avons été informés qu’il n’y avait pas de volonté politique", a déclaré un porte-parole du Russian LGBT Network à Buzzfeed. "Ils ne délivreront pas de visas. Ils nous aideront d’une autre manière, mais pas avec des visas."

Fin mars, une enquête du journal indépendant Novaïa Gazeta avait révélé que les homosexuels étaient devenus la cible des autorités en Tchétchénie. L'homosexualité, considérée comme un tabou, y est un crime passible de mort dans la majorité des familles.

Selon le journal, les autorités locales ont arrêté plus de 100 homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur" et des homosexuels tchétchènes ayant fui à Moscou ont affirmé à l'AFP avoir été battus et détenus "dans une prison non-officielle".

Une plainte devant la CPI

Après la lettre de cinq chefs de la diplomatie de pays européens exprimant leur "profonde inquiétude" à Sergueï Lavrov début mai, Vladimir Poutine a indiqué qu’il ouvrirait une enquête. Cependant, un ambassadeur russe a depuis déclaré depuis dans une lettre au journal israëlien Haaretz qu’il n’y avait "pas eu de victimes de persécution, de menaces ou de violences".

Mardi 16 mai, trois associations LGBT françaises ont porté plainte contre le président de la Tchétchénie Ramzan Kadyrov pour "génocide" devant la Cour pénale internationale (CPI).

Liv Audigane