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Poutine "a probablement approuvé" le meurtre de Litvinenko

Le président russe Vladimir Poutine a "probablement approuvé" le meurtre à Londres de l'opposant russe Alexandre Litvinenko", a estimé jeudi un juge britannique dans les conclusions de l'enquête publique sur la mort de l'ex-espion du KGB - Jeudi 21 janvier 2016

Le président russe Vladimir Poutine a "probablement approuvé" le meurtre à Londres de l'opposant russe Alexandre Litvinenko", a estimé jeudi un juge britannique dans les conclusions de l'enquête publique sur la mort de l'ex-espion du KGB - Jeudi 21 janvier 2016 - AFP

Le rapport d'enquête britannique sur la mort de l'ancien officier du FSB Alexandre Litvinenko en 2006 à Londres, rendu public jeudi, conclut qu'il a bien été empoisonné par les Russes, et que le président Vladimir Poutine a probablement approuvé l'opération.

Le président russe Vladimir Poutine a "probablement approuvé" le meurtre à Londres de l'opposant russe Alexandre Litvinenko", a estimé jeudi un juge britannique dans les conclusions de l'enquête publique sur la mort de l'ex-espion du KGB.

"L'opération du FSB (nouveau nom du KGB) a probablement été approuvée par M. Patrouchev (Nikolaï Patrouchev, ex-chef du FSB) et aussi par le président Poutine", a ajouté le magistrat dans ses conclusions.

Une enquête saisie par la justice britannique

L'enquête publique, ou "enquiry" (anglais) avait été ouverte le 31 juillet 2014 prenant le relais de l'enquête judiciaire bloquée jusqu'alors par l'impossibilité d'examiner l'éventuelle responsabilité de Moscou.

En se penchant sur les circonstances du décès de l'opposant russe, la Grande-Bretagne avait révélé son assassinat par empoisonnement au polonium à Londres, en 2006. A l'époque, l'enquête avait ouvertement accusé le pouvoir de Vladimir Poutine d'être responsable.

Des accusations formellement démenties

A la suite des conclusions de l'enquête publique, l'un des deux accusés du meurtre de l'ex-agent du KGB Alexandre Litvinenko a démenti l'avoir empoisonné en jugeant "absurdes" les accusations de la justice britannique.

"Les accusations contre moi sont absurdes (...) Les résultats de l'enquête démontrent une nouvelle fois la position anti-russe et l'étroitesse d'esprit de Londres", a déclaré à l'agence de presse Interfax Andreï Lougovoï, aujourd'hui député d'un parti nationaliste.

Des "sanctions" contre la Russie réclamées

La veuve de l'opposant russe Alexandre Litvinenko a, quand à elle, réclamé jeudi à Londres des "sanctions" contre la Russie et son président Vladimir Poutine après la publication des conclusions d'une enquête publique britannique les liant au meurtre de son mari.

"Je demande (...) l'imposition de sanctions économiques ciblées et des interdictions de voyage notamment contre M. Patrouchev (Nikolaï Patrouchev, ex-chef du FSB) et M. Poutine", a déclaré à la presse Marina Litvinenko.

De son côté, Moscou a dénonce une enquête "politiquement orientée" et manquant de "transparence" après la publication en Grande Bretagne des conclusions de l'enquête.

A.-F. L. avec AFP