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Russie

Guerre en Ukraine: amputé d'un bras, un soldat ukrainien raconte son quotidien au front

Soldat de la garde nationale ukrainienne, Dimitry Finashin a perdu un bras et l'un de ses doigts dans le conflit contre la Russie. Aujourd'hui loin du front, il raconte la violence de la guerre.

La violence des combats marquée au corps. Un bras et un doigt en moins, Dimitry Finashin était soldat de la garde nationale ukrainienne, avant d'être gravement blessé sur le front dans le conflit contre la Russie. Il témoigne de son quotidien sur le front.

"Ça c'est mon ex, mon ex bras", lâche Dimitry Finashin, montrant sur son smartphone une photo de lui au front.

Malgré la dureté de ses blessures, l'ancien soldat ne se départit pas de son sens de l'humour. Combattant ukrainien, le jeune homme de 28 ans a d'abord été pilote de drones, avant de devenir sniper et de frôler la mort lors d'une mission.

Pilote de drone chargé de surveiller les chars russes

Sur son téléphone portable, Dimitry Finashin fait défiler des photos de lui en treillis militaire, dans des paysages urbains dévastés, souvenirs de son activité de soldat pour les forces de Kiev.

À l'époque, "(son) travail, c'est de piloter un drone pour informer (les) gars de ce qu'il se passe", raconte-t-il.

Sa mission consiste alors à bloquer les chars russes qui se dirigent en nombre vers l'ouest de l'Ukraine. Malgré la violence du conflit, il l'affirme: "d'un point de vue émotionnel en réalité, c'était très joyeux. Les émotions débordent".

Il va même plus loin. "Tu n'as pas peur, tu n'as qu'une seule envie, c'est de les cramer", lâche-t-il dans un sourire.

"Je me suis dit: 'faire tout ce chemin pour mourir comme ça'"

Après avoir été pilote de drone, le soldat devient sniper. Lors d'une mission, il est touché par trois balles, dont deux dans le bras gauche et une à la main droite.

"J'ai dit à Socrate (un autre soldat), sors mon téléphone de ma poche, appelle ma femme. Dis-lui que je lui avais promis de revenir, mais que là je ne reviendrai pas", se souvient-il.

Dimitry perd connaissance. À son réveil, il a déjà perdu beaucoup de sang. "Je me suis dit: 'mince, faire tout ce chemin pour mourir comme ça'", s'inquiète-t-il.

"Je suis dans les bases arrières, les orques (soldats russes NDLR) pourront me trouver et me prendre en photo. Ils se moqueront, profaneront mon cadavre et puis ma femme recevra un appel par lequel elle apprendra que je suis porté disparu et elle attendra encore des années en imaginant que je suis prisonnier quelque part", imagine-t-il.

Après deux jours de calvaire passés à ramper dans la boue, le soldat est finalement retrouvé par un autre régiment ukrainien. C'est la fin du cauchemar. Son bras gauche, gangrené, doit être amputé, comme l'un des doigts de sa main droite. Une longue convalescence l'attend désormais auprès de sa famille, loin des tranchées.

Juliette Desmonceaux