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Népal: une jeune femme meurt lors d'un "exil menstruel"

Une hutte dédiée à la pratique du chhaupadi au Népal. (Photo d'illustration)

Une hutte dédiée à la pratique du chhaupadi au Népal. (Photo d'illustration) - Prakash Mathema - AFP

Sa famille l'a emmenée voir un chaman lorsqu'elle a été mordue par un serpent.

Tulasi Shahi, une Népalaise de 18 ans, est morte après avoir été mordue par un serpent dans la hutte où elle effectuait son "exil menstruel". Cette pratique liée à l'hindouisme, nommée "chhaupadi", bannit les femmes du foyer le temps de leurs règles, ont indiqué samedi les autorités.

Selon cette tradition, les femmes sont alors considérées comme impures et, dans nombre de communautés au Népal, obligées de dormir dans une hutte éloignée de leur domicile jusqu'à la fin de leurs règles.

La jeune victime a été mordue par un serpent venimeux et est décédée vendredi matin dans le district de Dailekh, à l'ouest du pays, a déclaré à l'AFP un maire local, Surya Bahadur Shahi. "Elle a survécu durant sept heures après la morsure mais est morte parce que le traitement médical a tardé", a-t-il dit.

Selon un média local, sa famille l'a emmenée voir un chaman au lieu de la conduire au plus vite à l'hôpital. La police a confirmé le décès, sans autre précision.

Jusqu'à un mois dans une hutte isolée

Rituel hindou vieux de plusieurs siècles, la "chhaupadi" bannit les femmes du foyer le temps de leurs règles. Elles n'ont pas le droit de toucher la nourriture destinée aux autres, ni les icônes religieuses, le bétail ou les hommes. Dans certaines régions du Népal, les femmes venant tout juste d'accoucher doivent passer jusqu'à un mois dans la hutte bâtie à l'extérieur de la maison, aussi appelée "chhau goth".

Deux femmes étaient décédées fin 2016 dans des accidents en lien avec ce rituel, dont l'une après avoir inhalé la fumée d'un feu qu'elle avait fait pour se chauffer. Mais bien d'autres décès liés à ce rituel sont à déplorer, dénoncent les défenseurs des droits de l'Homme.

Officiellement, la chhaupadi est interdite depuis une décennie, mais la pratique perdure au nez et à la barbe des autorités, en particulier dans les districts reculés de l'Ouest.

Une proposition de loi en cours d'examen au Parlement népalais compte aller plus loin (au moins sur le papier) en prévoyant une peine de prison pour toute personne qui forcerait une femme à se conformer à cette pratique.

L.A., avec AFP