BFMTV

L'Indonésie a fusillé huit condamnés à mort

Des militaires arrivent dans la prison où sont détenus les neuf condamnés à mort, en Indonésie.

Des militaires arrivent dans la prison où sont détenus les neuf condamnés à mort, en Indonésie. - Roméo Gacad - AFP

Huit des dix condamnés à mort dans une affaire de drogue en Indonésie ont été exécutés mardi soir par un peloton d'exécution, affirment les médias indonésiens. Le sursis du Français Serge Atlaoui avait déjà été confirmé, et le président philippin a arraché un sursis à la dernière minute pour la ressortissante de son pays.

Malgré les nombreux appels à la clémence de la communauté internationale, huit prisonniers condamnés à mort ont été exécutés en Indonésie par un peloton d'exécution, ce mardi soir, à minuit heure locale, selon des médias locaux. Une Philippine aurait obtenu un sursis au dernier moment.

Deux Australiens, un Brésilien, quatre Nigérians et un Indonésien, tous condamnés pour trafic de drogue, ont été fusillés peu après minuit heure locale dans le complexe pénitentiaire de l'île isolée de Nusakambangan, ont indiqué la chaîne publique Metro TV et le journal Jakarta Post.

Des condamnations prononcées dans des conditions douteuses

Les familles des condamnés avaient eu le droit de passer quelques heures avec leurs proches dans l'après-midi. La communauté internationale remet en cause les jugements indonésiens. Les avocats des deux Australiens ont affirmé que les juges ayant condamnés leurs clients leur avaient proposé des peines plus légères contre de l’argent, selon le New York Times. La femme d’un des condamnés nigérians affirme également qu’on lui a proposé de payer un pot-de-vin pour la vie de son époux.

Un autre Nigérian n’avait pas d’avocat lorsqu’il a été condamné à la peine de mort, et le condamné Brésilien souffrait de schizophrénie et de bipolarité depuis l’adolescence, ce qui aurait dû empêcher la Cour de le condamner, selon le droit indonésien.

Serge Atlaoui a obtenu un sursis de deux semaines

Le président philippin a obtenu un sursis au dernier moment. Une des personnes qui aurait recruté Mary Jane Veloso, de nationalité philippine et toujours ce mardi soir dans le couloir de la mort, s'est rendu à la police, selon l'agence Reuters. 

Le Français Serge Atlaoui devait partager leur sort, mais une nouvelle procédure d'appel a été lancée. Le porte-parole du parquet général indonésien, Tony Spontana, a réaffirmé à l'AFP qu'en cas de rejet de sa procédure, il serait exécuté seul et que les autorités n'attendraient "pas longtemps".

Joseph SOTINEL avec agences