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Fukushima: 3 ex-dirigeants de Tepco seront jugés pour la première fois

Un employé de Tepco devant le réacteur n°1 de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, le 10 février 2016.

Un employé de Tepco devant le réacteur n°1 de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, le 10 février 2016. - TORU HANAI / POOL / AFP

Après des années de bataille judiciaire, l'ex-président du conseil d'administration ainsi que deux vice-PDG de Tepco, la compagnie gérante de la centrale Fukushima Daiichi, seront jugés pour la première fois.

C'est le premier procès d'un drame qui a traumatisé le Japon. Et même au-delà. Trois ex-dirigeants de la compagnie d'électricité Tepco vont être jugés sur plainte de citoyens japonais pour leur responsabilité dans la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

L'ex-président du conseil d'administration du groupe Tokyo Electric Power (Tepco) au moment du drame, Tsunehisa Katsumata (75 ans), ainsi que deux vice-PDG, Sakae Muto (65 ans) et Ichiro Takekuro (69 ans), sont poursuivis pour négligence professionnelle ayant entraîné des décès et blessures, a-t-on appris auprès des avocats des plaignants.

"C'est la première fois que la justice va devoir se prononcer sur la culpabilité de quelqu'un dans la survenue de l'accident nucléaire de Fukushima", a souligné la chaîne de télévision publique NHK. 

Accusés d'avoir causé la mort de 44 personnes

Cette étape intervient après une décision prise en juillet dernier par un panel spécial de citoyens, selon une procédure complexe qui a duré des mois. Les trois ex-dirigeants sont accusés de ne pas avoir pris les dispositions qui auraient permis d'éviter les dégâts causés aux installations par le tsunami ainsi que les avaries en chaîne qui s'en sont suivies.

Les citoyens reprochent aux trois dirigeants de Tepco d'être responsables de la mort de 44 malades âgés évacués d'un hôpital de Futaba, près de la centrale, dans des conditions déplorables, ainsi que des blessures causées à 13 autres personnes.

Le drame aurait-il pu être évité?

Un précédent avis de la justice nippone avait estimé en janvier 2015 "que les preuves n'étaient pas suffisantes pour conclure que les trois personnes visées auraient pu prévoir ou éviter" l'accident, mais les plaignants ont finalement eu gain de cause après une bataille judiciaire de longue haleine.

Un rapport de la Cour des comptes japonaise datant de mars 2015 indiquait qu’il faudra environ une trentaine d’années pour que Tepco rembourse les 9.000 milliards de yens (70 milliards d'euros) prêtés par l’Etat japonais.

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Fukushima

la rédaction avec AFP