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Concert de critiques contre les essais nucléaires nord-coréens

Barack Obama et Joe Biden en arrière-plan, à la Maison Blanche, le 1er janvier 2013

Barack Obama et Joe Biden en arrière-plan, à la Maison Blanche, le 1er janvier 2013 - -

Alors que la Corée du Nord a confirmé avoir procédé à un troisième essai nucléaire mardi, la communauté internationale condamne de façon unanime.

"Extrêmement regrettable", "provocateur", "profondément déstabilisateur", la communauté internationale a multiplié les critiques, après l'annonce d'un troisième essai nucléaire par la Corée du Nord mardi. Si l'on a d'abord cru à un tremblement de terre, c'est maintenant à un raz de marée de condamnations que l'on assiste.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence mardi, pour examiner la manière de réagir à ce que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié de "profondément déstabilisateur". "C'est une violation claire et grave des résolutions du Conseil de sécurité", a-t-il indiqué selon son porte-parole Martin Nesirky.

Ban Ki-moon est convaincu que le Conseil de sécurité "restera uni et prendra les mesures appropriées", a-t-il souligné. Mais au-delà des mots, et comme pour les deux précédents essais nucléaires et les tirs balistiques nord-coréens, la question va être de savoir jusqu'où la Chine est prête à aller dans les sanctions.

"Colère" de la Chine

"Je pense que la Chine est très en colère contre ce test", a déclaré mardi Stephanie Kleine-Ahlbrandt, directrice à Pékin pour l'Asie du Nord-Est de l'International Crisis Group.

Défi frontal à la communauté internationale, le nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord va forcer une Chine au bord de l'humiliation à louvoyer plus que jamais entre sa solidarité avec son allié historique et les sanctions exigées à l'ONU, estiment les analystes.

"Les Chinois ont lancé aux Nord-Coréens un ferme avertissement leur demandant de ne pas procéder à cet essai quand il est devenu évident qu'il était imminent", selon un diplomate. "Ce que les Nord-Coréens ont fait représente un vrai défi lancé aux Chinois", a indiqué un diplomate.

Obama veut une action internationale "rapide"

De son côté, le président américain Barack Obama a dénoncé mardi l'essai nucléaire "provocateur" mené par la Corée du Nord qui ne rend pas le pays "plus sûr" et appelé à une action internationale "rapide" et "crédible" de la communauté internationale.

"Les Etats-Unis continueront également de prendre les mesures nécessaires pour se défendre ainsi que nos alliés. Nous allons renforcer l'étroite coordination avec nos alliés et partenaires", dit-il dans un communiqué.

"Ces provocations ne rendent pas la Corée du Nord plus sûre", dénonce Barack Obama, répondant à Pyongyang qui a dit avoir procédé à un troisième essai nucléaire "avec succès" dans le but de "protéger la sécurité nationale et (la) souveraineté" du pays "contre l'hostilité continue des Etats-Unis".

Londres "condamne fortement"

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a condamné aussi le nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord et souhaité une "réponse forte" du Conseil de sécurité de l'ONU.

"Je condamne fortement cet acte qui viole les résolutions 1718, 1874 et 2087 du Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré le chef de la diplomatie britannique dans un communiqué. Le Royaume-Uni "va entamer des consultations en urgence avec ses partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU et appeler à une réponse forte à ce dernier développement".

"Une violation des résolutions de l'ONU" pour les Russes

La Russie estime qu'il s'agit d'une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, a indiqué mardi une source diplomatique à l'agence de presse Interfax.

"Nous condamnons ces actions de la Corée du Nord et nous considérons, de même que pour le lancement d'une fusée balistique effectué précédemment, qu'il s'agit d'une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU", a indiqué cette source.

"Extrêmement regrettable" pour les Japonais

Le Conseil de sécurité est présidé en février par la Corée du Sud. L'ambassadeur sud-coréen à l'ONU avait averti il y a quelques jours que le Conseil prendrait des mesures "très fortes" en réponse à un troisième essai nucléaire de Pyongyang (après ceux de 2006 et 2009).

Autres voisins de la Corée du Nord, les Japonais ont été parmi les premiers à réagir. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a condamné mardi le nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord en le qualifiant d'"extrêmement regrettable". Alors qu'il n'avait pas encore la certitude absolue qu'il s'agissait effectivement d'un essai, Shinzo Abe avait réuni son gouvernement en urgence.

M.R. avec AFP