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Hong Kong: la loi interdisant le port du masque jugée anticonstitutionnelle

Des manifestants hongkongais portent un masque de Guy Fawkes, malgré l'interdiction de porter un masque pendant une manifestation, le 5 novembre 2019

Des manifestants hongkongais portent un masque de Guy Fawkes, malgré l'interdiction de porter un masque pendant une manifestation, le 5 novembre 2019 - Noel Celis / AFP

La loi adoptée par l'exécutif hongkongais début octobre interdisant le port du masque en manifestation a été jugée inconstitutionnelle par la Haute cour. La mesure, impopulaire, n'avait pas été respectée par les manifestants, voire avait amplifié l'usage des masques.

C'est une victoire symbolique pour les manifestants mobilisés depuis plus de cinq mois. L'interdiction du port du masque décidée le mois dernier par l'exécutif hongkongais pour tenter de désamorcer la contestation pro-démocratie a été jugée lundi anticonstitutionnelle par la Haute cour.

"Les restrictions qu'elle impose aux droits fondamentaux (...) vont au-delà de ce qui est raisonnablement nécessaire", a estimé la haute juridiction, selon un résumé de cette décision.

Une interdiction non respectée par les manifestants

Face à la plus grave crise politique dans l'ex-colonie britannique depuis sa rétrocession en 1997, les autorités locales avaient pris en octobre la décision, très impopulaire, d'interdire le port du masque lors des manifestations. La cheffe de l'exécutif Carrie Lam, qui concentre les foudres des manifestants, avait pour ce faire invoqué des dispositions d'urgence (Emergency Ordinance Regulations) datant de 1922, et qui n'avaient plus été appliquées depuis les émeutes de la fin des années 1960.

Applaudie par Pékin, l'interdiction du port du masque n'a pas du tout été respectée par les manifestants, habitués à défiler ainsi depuis juin pour ne pas être identifiés et éviter les poursuites judiciaires. Certains portent aussi des casques, des lunettes de protection ou des masques à gaz afin de se protéger des gaz lacrymogènes et des projectiles tirés par la police.

J. G. avec AFP