BFMTV

Trump va-t-il déplacer l'ambassade américaine à Jérusalem?

La façade de l'ambassade américaine à Tel Aviv.

La façade de l'ambassade américaine à Tel Aviv. - Jack Guez - AFP

Comme il l'avait promis tout au long de sa campagne, le président américain pourrait annoncer, mercredi, le déménagement de l'ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. Une décision à haut risque.

C'est une promesse de campagne de Donald Trump, qui pourrait bien enflammer toute une région. Le président américain pourrait annoncer dans les prochaines heures le transfert de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, une volonté affichée tout au long de sa campagne électorale. Il s'exprimera mercredi sur le sujet depuis le Maison Blanche aux alentours de 17h30 (22h30 heure française).

Par ce déménagement, les Etats-Unis reconnaîtraient de facto Jérusalem comme la capitale de l'Etat d'Israël, ce qui pourrait mettre le feu aux poudres dans une zone où la paix reste très fragile. 

Une décision imminente?

Malgré plusieurs mises en garde, et alors que ce transfert représente pour les Palestiniens une "ligne rouge", Donald Trump semble persister, et sa décision semble désormais imminente. L'entourage du président des Etats-Unis a fait savoir que celui-ci devait prononcer un discours sur la question ce mercredi, s'empressant d'ajouter qu'aucune décision définitive n'avait pour l'heure été prise.

Ce mardi, le président américain a tout de même préparé le terrain, en contactant par téléphone le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas, pour l'informer de son intention de déménager la représentation diplomatique américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. Une mesure qui reviendrait à reconnaître de facto la ville comme la capitale de l'Etat israélien.

Donald Trump, qui a aussi contacté le roi de Jordanie, doit également s'entretenir sur ce sujet ce mardi avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. 

Pourquoi Donald Trump veut-il déménager l'ambassade?

La communauté internationale n'a pas reconnu la souveraineté israélienne sur Jérusalem et considère Jérusalem-Est comme territoire occupé. Actuellement, toutes les ambassades étrangères sont installées à Tel-Aviv.

En 1995, le Congrès américain avait adopté le Jerusalem Embassy Act appelant les Etats-Unis à déménager l'ambassade. Mais les présidents américains avaient systématiquement repoussé son application. Jusqu'à Donald Trump. Ce dernier a martelé pendant sa campagne qu'il s'engageait à reconnaître Jérusalem comme "la capitale indivisible de l'Etat d'Israël".

Pourtant, comme ses prédécesseurs, il avait fini par repousser ce transfert en juin dernier pour six mois supplémentaires, à contre-coeur. Mais l'actuel locataire du Bureau ovale est tiraillé entre le potentiel explosif de cette décision, et les pressions reçues d'une partie de son socle électoral, chrétien-conservateur, favorable à Jérusalem comme capitale d'Israël, mais aussi du lobby pro-israélien. Et Donald Trump pourrait donc cette fois-ci passer à l'action. 

Vers un compromis? 

L'entourage du président américain a tenu à calmer le jeu, en indiquant que Donald Trump pourrait adopter une position de compromis ce mercredi. Il pourrait en effet choisir de repousser une nouvelle fois le transfert effectif de l'ambassade, mais annoncer dans la foulée la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, selon la presse américaine. Ce qui, au final, mènerait au même résultat. 

Il est vrai que le président républicain a reçu ces derniers jours de très nombreuses mises en garde à l'international contre les effets dévastateurs que pourrait avoir une telle mesure sur l'équilibre d'une région déjà très fragile. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a notamment averti qu'une éventuelle reconnaissance de Jérusalem comme capitale pourrait conduire à une rupture des relations entre la Turquie et l'Etat hébreu. 

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a de son côté fait savoir que cette mesure "détruirait le processus de paix" israélo-palestinien. La Jordanie, pays frontalier d'Israël et gardienne des lieux saints musulmans de Jérusalem, a elle aussi mis en garde contre "une démarche aux conséquences graves". Enfin, le président français Emmanuel Macron est lui aussi monté au créneau pour exprimer sa "préoccupation" à Donald Trump.