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Trump juge le meurtre de Khashoggi être "l'une des pires opérations de dissimulation de l'histoire"

Donald Trump

Donald Trump - NICHOLAS KAMM / AFP

Les Etats-Unis sont montés d'un ton à propos de la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi et s'apprêtent à révoquer le visa des Saoudiens impliquées dans sa mort.

Donald Trump a estimé ce mardi que le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul avait donné lieu à "l'une des pires opérations de dissimulation de l'histoire".

Les Etats-Unis ont aussi fait savoir par le biais du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo qu'ils engageaient la révocation du visa des Saoudiens impliqués dans le meurtre, et que ces sanctions ne seraient "pas les dernières".

"Ils avaient un très mauvais projet à l'origine, il a été très mal exécuté et l'opération de dissimulation a été l'une des pires de l'histoire des opérations de dissimulation", a déclaré Donald Trump depuis le Bureau ovale. "Cela n'aurait jamais du être envisagé", a-t-il ajouté. "Celui qui a eu cette idée, quel qu'il soit, est dans une situation très difficile", a-t-il encore dit.

"Ryad était un "excellent allié" regrette Trump

Interrogé sur la réaction du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a appelé à punir les "commanditaires" de ce "meurtre sauvage", Donald Trump a jugé qu'il avait eu un ton "dur" envers l'Arabie saoudite.

Le président des Etats-Unis croit-il à la version donnée par les Saoudiens? "Je veux d'abord connaître les faits", a-t-il répondu, tout en soulignant combien Ryad était un "excellent allié" des Etats-Unis depuis des décennies et rappelant qu'il était "l'un des principaux investisseurs aux Etats-Unis".

Cependant, le secrétaire d'Etat américaine Mike Pompeo a expliqué ce mardi que les Etats-Unis engageraient "des actions appropriées qui incluent une révocation de visas, une mise sous surveillance de visas et d'autres mesures" contre les responsables de ce meurtre, précisant que Washington avait "identifié au moins certains des individus" ayant pris part à l'opération. 

"Un meurtre sauvage", "planifié" pour Ankara

Âgé de 59 ans, Jamal Khashoggi, un éditorialiste qui collaborait avec le Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat de son pays à Istanbul, où il s'était rendu pour obtenir des documents administratifs en vue de son prochain mariage.

Faisant un point sur l'enquête, Recep Tayyip Erdogan a décrit un "meurtre sauvage" qui a été "planifié" pendant plusieurs jours et mis à exécution par une équipe de "15 agents".

Sans impliquer nommément le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit "MBS" et régulièrement critiqué par Khashoggi, Recep Tayyiq Erdogan a souligné l'importance de punir "toutes les personnes impliquées, des exécutants aux commanditaires" de ce meurtre.

Il faut "mettre au jour les responsabilités de chacun dans cette affaire, du plus haut niveau au plus bas"", a insisté le chef de l'Etat turc, qui a proposé de juger à Istanbul les 18 suspects arrêtés par Ryad.
Jeanne Bulant avec AFP