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Quelle ligne de défense pour Donald Trump, alors que s'ouvre son procès en destitution ce mardi

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- - MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Mardi s'ouvrent les débats au Sénat autour du procès historique en destitution du président américain. Les deux camps présenteront leurs premiers argumentaires juridiques. La défense de Donald Trump jouera principalement sur l'ambiguïté de la notion d'abus de pouvoir.

"Il a été accusé d'abus de pouvoir, ce qui n'est pas de la haute trahison, ce qui n'est pas de la corruption, ce qui n'est ni un crime ni un délit." L'analyse est d'un sénateur républicain du Texas, John Cornyn, interrogé par CNN. À la veille de l'ouverture des débats au Sénat autour du procès en destitution de Donald Trump, ses défenseurs fourbissent leurs armes. 

Mardi, les premiers argumentaires des deux camps seront livrés et retransmis sur l'ensemble des chaînes d'information américaines. Pour les démocrates, il s'agit de démontrer que le président a exercé un chantage sur son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour que celui-ci enquête sur Joe Biden, potentiel adversaire de Trump à l'élection présidentielle de novembre prochain. 

"Constitutionnellement irrecevable"

La Chambre des représentants, dominée par l'opposition au chef de l'État, a mené l'enquête avant d'inculper l'intéressé en décembre. Pour les avocats de Donald Trump, l'acte d'accusation rédigé par les élus démocrates "est constitutionnellement irrecevable" et "ne comporte aucun crime ou violation de la loi". Ce lundi, la même équipe de juristes a qualifié le procès de "perversion dangereuse de la Constitution" et appelé le Sénat à acquitter le président américain "immédiatement".

Sur quels arguments s'appuient-ils pour le défendre? Selon un mémorandum de 110 pages soumis à la chambre haute du Congrès par l'équipe juridique de Donald Trump, celle-ci invoquera le fait qu'il n'y a eu aucune violation de la loi de la part du commandant en chef.

Les avocats du président accuseront l'opposition démocrate de vouloir le punir pour des décisions de politique étrangère. Décisions dont la nature - en l'occurrence, faire pression sur Kiev en conditionnant notamment le déblocage d'une aide militaire à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden - ne saurait faire l'objet d'un contrôle du Congrès ou, à tout le moins, d'une procédure de destitution.

Processus "illégitime" 

Voilà pour le premier des deux articles de mise en accusation votés le 18 décembre 2019. Le second met en cause le chef de l'État au titre d'obstruction du Congrès pour avoir soi-disant empêché des témoignages d'avoir lieu et refusé de transmettre certains documents à la Chambre des représentants. Un chef d'accusation "frivole et dangereux", selon les avocats de Donald Trump, dans la mesure où il remettrait en cause le droit du président de mener des réflexions confidentielles avec son "staff" de la Maison-Blanche.

"Nous tentons de démontrer que ces chefs d'accusation sont clairement infondés, donc il ne devrait même pas y avoir besoin de poursuivre plus avant, ils pourraient être rejetés dès le début", a dit une source au sein de l'équipe légale de Donald Trump, dénonçant un processus "illégitime depuis le départ".

"Le président n'a rien fait de mal", a-t-elle ajouté, estimant qu'aucun témoin entendu durant l'enquête de la Chambre des représentants n'avait étayé les accusations directes contre Donald Trump. Les républicains, majoritaires au Sénat, font bloc derrière leur président et devraient donc lui garantir un acquittement. 

Jules Pecnard