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Mariage gay: Kim Davis, la fonctionnaire têtue qui défie la loi américaine

Kim Davis, le 2 septembre 2015

Kim Davis, le 2 septembre 2015 - Ty Wright / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Pour avoir refusé de marier un couple homosexuel pour ses convictions religieuses, Kim Davis, une fonctionnaire du Kentucky, a été condamnée à la prison. Ses détracteurs et soutiens ont été nombreux à manifester leur opinion, défendant la liberté de culte ou le respect des droits civiques.

Ce serait la "loi de Dieu" qui aurait poussé Kim Davis à refuser de marier les couples homosexuels qui se sont présentés devant elle, dans l'Etat du Kentucky, dans le sud-est des Etats-Unis. En juin dernier, la Cour suprême avait pourtant légalisé le mariage gay dans tout le pays. Début août, David Moore et son compagnon, se présentent devant la greffière pour obtenir une licence de mariage, mais cette dernière leur répond que le comté "ne délivre aucune licence". Le couple décide de retenter sa chance, en filmant la scène, en vain. Dans une autre séquence, un couple demande sur "quelle autorité" se base-t-elle pour leur refuser l'union, "sur l'autorité de Dieu" répond la fonctionnaire. 

Liberté de culte ou négation des droits civiques?

David Moore et son compagnon, ainsi que d'autres couples, ont porté l'affaire devant la justice. Résultat: un tribunal fédéral et une cour d'appel ont donné tort à la fonctionnaire, qui a été déboutée par la Cour suprême le 31 août dernier. Jeudi, elle a été placée en détention et y restera jusqu'à ce qu'elle applique la loi. Le juge David Bunning a affirmé que "ce tribunal ne peut accepter que l'on désobéisse volontairement à ses décisions légales". La candidate à l'investiture démocrate pour les présidentielles de 2016, Hillary Clinton, a elle aussi affirmé son soutien à la décision de la Cour suprême.

"L'égalité dans le mariage est la loi du pays. Les officiels devraient faire leur devoir et faire respecter la loi. Fin de l'histoire". 

Depuis les premiers refus de Kim Davis jusqu'à sa condamnation, la fonctionnaire a suscité des débats enflammés au sein de la société américaine. Ses partisans affirment qu'elle défend son droit à la liberté de culte, garanti par le Premier amendement de la Constitution américaine, quand ses détracteurs estiment qu'elle ne peut ignorer la loi pour des convictions religieuses, comme l'explique Vox, et qu'elle nie donc les droits civiques. 

Les républicains entendent défendre la greffière, mélangeant parfois les débats. Le gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee, et prétendant à la Maison Blanche, se demande par exemple "Quel est ce monde où Hillary Clinton n'est pas en prison, mais Kim Davis oui."

"Nous devons défendre la liberté religieuse et ne jamais se rend face à la tyrannie judiciaire".

Kim Davis affirme n'avoir "aucune animosité" envers les homosexuels" rapporte l'AFP. Selon le Washington Post,  la fonctionnaire de 49 ans pourra retrouver sa liberté quand elle autorisera ses adjoints à signer les certificats de mariage.

Mélanie Longuet