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La campagne qui dénonce avec humour les justifications des auteurs d'agressions sexuelles

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Une campagne vidéo décalée contre les agressions sexuelles, lancée par le mouvement "It's on us" initié par Barack Obama, dénonce l'absurdité des justifications des agresseurs.

Alors que le texte sur la condamnation des agressions sexuelles dans les campus américains a été abrogé par la secrétaire d'État à l'Éducation, comme le rapporte The New York Times, certaines associations restent mobilisées. À l'exemple du mouvement lancé par Barack Obama en 2014. "It's On Us", créé par l'ancien locataire de la Maison Blanche pour lutter contre les agressions sexuelles, a diffusé au mois de septembre une nouvelle campagne pleine d'humour.

"On sait que tu te sens obligé de dire non, mais en fait tu veux dire oui"

Intitulée "It's logical", soit "C'est logique", cette campagne met en scène, dans trois courtes vidéos décalées, des moments du quotidien dans lesquels des femmes reprennent les justifications des agresseurs pour excuser leur comportement inapproprié. L'incongruité des situations met ainsi en évidence l'absurdité des arguments des auteurs d'agressions.

Dans l'un de ces clips, deux jeunes femmes conversent devant une œuvre d'art. Elles touchent même la sculpture malgré les protestations du surveillant du musée, outré. "On sait que tu te sens obligé de dire non pour sauver la face, mais en fait tu veux dire oui", lance l'une d'entre elles au gardien. Puis apparaît sur l'écran le message: "C'est la logique utilisée pour excuser une agression sexuelle. Pas vraiment logique, non?"

Dans une autre vidéo, une jeune femme ne peut s'empêcher de goûter et de saccager le gâteau de mariage qu'un pâtissier, choqué, vient à peine d'achever. Là encore, la jeune femme justifie son comportement en rejetant la faute sur la victime. "Oh allez, tu savais ce que tu faisais, c'est toi qui en as fait un objet de désir, lance-t-elle. C'est comme si tu m'avais presque supplié de le goûter."

"Tu t'exposes et après tu es choqué que je me laisse aller?"

Dans une troisième vidéo, une jeune femme ne peut s'empêcher de se soulager d'une envie pressante dans un magasin de toilettes. "Qu'est-ce que vous faites?" lui demande, sidéré, le vendeur. "Il faut que vous arrêtiez tout de suite ce que vous êtes en train de faire", lui ordonne-t-il, la menaçant d'appeler la police.

"Mec, c'est quoi ton problème? Je viens ici avec une urgence biologique dont on n'attend pas que je puisse la contrôler. Tu as tout ce qu'il faut, tu t'exposes, super fier de montrer ce que tu as et après tu es choqué que je me laisse aller? Vraiment?"

La jeune se lève et s'en va, avant de lancer au vendeur: "La prochaine fois, envoie le bon signal".

"En faisant la lumière sur un sujet très sérieux, ces vidéos parviennent à montrer que le consentement relève du sens commun et est aussi crucial", a expliqué le directeur du programme, Elvin Bruno, au magazine Bustle.

dossier :

Barack Obama

Céline Hussonnois-Alaya