BFMTV

Réchauffement climatique: un village d'Alaska vote pour sa relocalisation

Photo d'illustration de la fonte des glaces

Photo d'illustration de la fonte des glaces - Mark Byzewski - Flickr CC

Des scientifiques du gouvernement américain ont annoncé mercredi que le mois de juillet 2016 était le plus chaud de l'histoire moderne. Coïncidence du calendrier, les habitants de Shishmaref, en Alaska, ont voté cette semaine pour déplacer leur village, victime collatérale du réchauffement.

Les records historiques de chaleur du mois de juillet 2016 traduisent la réalité du changement climatique. Mais si les chercheurs se sont appuyés sur des registres, pour certaines populations, les faits sont bien plus palpables que des chiffres. Et certaines se retrouvent parfois contraintes de laisser toute une histoire derrière elles.

A Shishmaref, au nord-ouest de l'Alaska, les habitants ont voté cette semaine pour déplacer leur village. Une décision qui n'a pas fait l'unanimité, puisque 99 personnes se sont prononcées pour la relocalisation, face à 78 récalcitrants. Ce n'est pas de gaieté de cœur qu'ils ont fait le choix de quitter une terre où leurs ancêtres s'étaient installés il y a déjà plus de 500 ans.

Une situation inévitable

L'idée avait déjà fait son chemin à partir du début du XXIe siècle, car depuis plusieurs décennies, les villageois voient la situation se déliter. Ils s'y retrouvent aujourd'hui acculés.

Sous ces latitudes proches du détroit de Bering et surtout du cercle polaire arctique, le réchauffement est tout ce qu'il y a de plus concret. "Cette terre est en train de partir, je crois qu'elle va disparaître un de ces jours", avait confié Shelton Kokeok, un habitant de Shishmaref, il y a sept ans à CNN.

Et pour cause, depuis les années 80, la mer a grignoté près d'un kilomètre de cette terre à cause de l'érosion côtière. Autre conséquence du changement climatique: avant, la banquise était complètement formée en octobre, il faut à présent attendre décembre. Mais même à ce moment-là, la glace n'est pas assez solide pour traverser en sécurité.

D'ailleurs, dans un essai écrit par Esau Sinnok, un membre du programme des jeunes ambassadeurs de l'Arctique explique que le réchauffement affecte également le mode de vie traditionnel des villageois qui doivent chasser, pêcher et cueillir des baies pour leur alimentation. En effet, Shishmaref est très isolé et il est impossible d'y accéder autrement que par avion, bateau et moto de neige quand la banquise est suffisamment solide.

"Chaque année il devient de plus en plus difficile d'accumuler assez de nourriture pour l'hiver", raconte-t-il.

Si la délocalisation du village ne concernerait que quelque 650 personnes et ne risque pas de se produire dans l'immédiat, elle constitue un véritable symbole puisque ce serait la première fois que des habitants des Etats-Unis se retrouveraient obligés de fuir les conséquences du changement climatique.

Marie-Caroline Meijer