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Le Sénat américain rejette l'abrogation  partielle d'Obamacare

Le sénateur John McCain, ici en janvier 2017, a notamment voté contre l'abrogation partielle d'Obamacare voulue par Trump.

Le sénateur John McCain, ici en janvier 2017, a notamment voté contre l'abrogation partielle d'Obamacare voulue par Trump. - Tasos Katopodis - AFP

Le Sénat américain a rejeté ce vendredi l'abrogation partielle de l'Obamacare, à l'issue d'un vote tendu qui constitue un lourd revers pour le président Donald Trump. Minés par leurs dissensions internes, les Républicains ont échoué à faire front commun.

Coup dur pour Donald Trump. Le Sénat américain a rejeté dans la nuit de jeudi à vendredi l'abrogation partielle d'Obamacare, voulue par le président républicain. Les Républicains, minés par leurs dissensions internes, ont à nouveau échoué dans ce qui est pourtant leur cheval de bataille depuis maintenant sept ans.

Ainsi, trois d'entre eux, parmi lesquels le sénateur de l'Arizona et ancien candidat à la présidentielle John McCain, qui vient d'annoncer qu'il souffre d'un cancer du cerveau, se sont opposés au texte

Trump appelle à laisser Obamacare "imploser"

Ce vote porte un coup dur à l'ambition du président Trump de démanteler les réformes de santé de son prédécesseur Barack Obama. Il constitue "une déception", a déclaré le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell.

"Trois Républicains et 48 Démocrates abandonnent le peuple américain. Comme je l'ai dit depuis le début, laissons Obamacare imploser", a tweeté quant à lui, le principal intéressé, Donald Trump, dans la foulée du résultat. 

John McCain a de son côté justifié son vote par le fait que, selon lui, cette abrogation d'Obamacare est insuffisante, et qu'il faut à la fois l'abroger et le remplacer.

Une défection fatale

Les Républicains ne comptaient pas en faire un projet de loi à part entière mais plutôt une base de négociations dans les allers-retours avec la Chambre des représentants. Mais certains sénateurs républicains ont pris peur que la chambre basse ne change d'avis et ne vote le projet en l'état, ce qui l'enverrait automatiquement devant le président Trump, qui n'aurait plus qu'à promulguer la loi.

Le sénateur McCain et ses collègues Ron Johnson et Lindsey Graham avaient ainsi menacé jeudi de bloquer la machine législative en votant contre le projet. Les Républicains tiennent les deux chambres du Congrès mais ne disposent que de 52 sièges sur 100 au Sénat, ce qui rend toute défection quasi-fatale.

Un parti divisé

Le parti républicain est profondément divisé sur la question de la solution à adopter pour remplacer l'Obamacare. Donald Trump, lui, était particulièrement sensible au sort du texte, lui qui n'a cessé de promettre pendant sa campagne qu'il en finirait avec Obamacare à peine arrivé à Washington.

Ce projet prévoyait de supprimer plusieurs mesures mises en place par l'Obamacare, réforme phare de la présidence Obama, comme l'obligation faite aux particuliers de souscrire à une assurance-santé sous peine d'amende, et celle faite aux entreprises de proposer une couverture à leurs salariés. 

Cette réforme réduite prévoyait également l'élimination d'une taxe sur les fabricants d'équipements médicaux, mais maintenait cependant plusieurs pans de la loi passée par le président démocrate.

A.S. avec AFP