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Le ministre de la Justice de Trump a rencontré l'ambassadeur russe pendant la campagne

Alors qu'il était sous serment lors de son audition devant le Sénat début 2017, Jeff Sessions n'avait pas fait mention de ses contacts avec l'ambassadeur de Russie.

"Je n'ai jamais rencontré les Russes pour discuter de la campagne (présidentielle, ndlr) en cours", s'est défendu dans un communiqué Jeff Sessions, nommé Procureur général des Etats-Unis - équivalent de notre ministre de la Justice - par Donald Trump.

"Je n'ai aucune idée de ce à quoi ces allégations se rapportent. Elles sont fausses", insiste-t-il.

Le problème demeure que lors de son audition devant le Sénat début 2017, l'ancien sénateur de l'Alabama qui a été l'un des plus précoces et fervents défenseurs de Donald Trump, a répondu par la négative à la question de savoir s'il avait eu quelque contacts avec les Russes.

Or, selon le Washington Post citant des officiels, deux rencontres ont eu lieu.

Ainsi, tout comme Michael Flynn le conseiller sécurité qui a dû démissionner début février, Jeff Sessions a eu deux prises de contact avec Sergey Kislyak, l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis. Ce au moment précis où l'intelligence américaine enquêtait sur une possible interférence russe dans l'élection présidentielle.

Les démocrates demandent sa tête

La leader des démocrates à la chambre, Nancy Pelosi, a appelé à la démission de Jeff Sessions.

"Après avoir menti sous serment au Congrès à propos de ses contacts avec les Russes, le procureur doit démissionner", a fait valoir Nancy Pelosi. "Sessions n'est pas apte à servir être à la tête de la lutte contre les crimes et délits dans notre pays, et doit renoncer. Nous devons nommer une personnalité bipartisane et hors commission pour enquêter sur les connexions politiques, personnelles et financière avec les Russes", insiste-t-elle.

Et elle est loin d'être la seule dans le rang démocrate.

De son côté, Sarah Isgur Flores, porte-parole de Sessions, a nié qui'l ait trompé le comité judiciaire du Sénat. "Il n'y avait absolument rien de trompeur sur sa réponse", explique-t-elle dans un communiqué, notant que Sessions avaient plus de 25 conversations avec des ambassadeurs étrangers l'année dernière.

"On l'a interrogé au cours de l'audition (au Sénat, ndlr) à propos des communications entre la Russie et la campagne de Trump - pas sur les réunions qu'il a prises en tant que sénateur et membre du comité des forces armées", argue Sarah Isgur Flores.

Des liens problématiques de l'équipe Trump avec la Russie

Le Washington Post précise qu'il a demandé aux 26 membres de ce comité s'ils avaient rencontré Kislyak l'an dernier. Aucun des 20 qui ont répondu, y compris le président du comité, John McCain, en l'a fait.

Ces révélations interviennent deux semaines seulement après la démission forcée de Michael Flynn, dont il est avéré qu'il avait discuté pendant la campagne présidentielle des sanctions infligées à la Russie en décembre. La proximité apparente de Donald Trump vec Vladimir Poutine, dont il a régulièrement fait les louanges suscite beaucoup d'interrogation aux Etats-Unis. La nomination de Rex Tillerson, ancien patron de ExxonMobil proche de la Russie au poste de Secrétaire d'Etat, avait créé la controverse.

David Namias