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Immigration, santé, armes: à quoi ressemblerait l'Amérique de Donald Trump?

Donald Trump lors de son meeting à Dallas, le 14 septembre.

Donald Trump lors de son meeting à Dallas, le 14 septembre. - Tom Pennington - Getty Images North America - AFP

Donald Trump, plus que jamais champion des sondages, devrait encore assurer le show ce mercredi, pendant le deuxième débat entre les candidats à la primaire républicaine en vue de la présidentielle américaine de 2016. Et peut-être préciser les contours de son programme. Car si son numéro de provocation est bien rôdé, ses idées restent pour l'heure plutôt floues.

Il s'est imposé dans la campagne des primaires républicaines, alors que personne ne l'avait vu venir, à grands coups de saillies provocantes, largement détournées et moquées sur Internet. Mais s'il n'était pas vraiment pris au sérieux par ses adversaires, Donald Trump est désormais l'un des leaders de cette campagne. Le milliardaire est plébiscité par les électeurs, puisqu'il caracole en tête des sondages sur les intentions de vote depuis plusieurs semaines, loin devant Jeb Bush, qui dominait encore le classement en juin. De fait, Trump est devenu un rival à part entière pour les dix autres candidats républicains. 

Outre son auto-satisfaction permanente ("je suis vraiment riche", "je suis très intelligent", "j'adore ma vie") et son goût de la provocation, dont il arrose largement sa campagne, Donald Trump a distillé ça et là ses idées, depuis son entrée en lice. Si elles ne constituent pas un programme en soi - au-delà du show, ses meetings sont sur le fond assez creux - elles permettent d'esquisser un aperçu de ce que seraient les Etats-Unis si le milliardaire parvenait à conquérir la Maison Blanche. Tour d'horizon.

> Sur l'immigration 

Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'un des thèmes principaux de sa campagne. Pour ce faire, il s'est trouvé une cible privilégiée: les Mexicains. Et s'est notamment illustré sur la question en juin, en assurant que les immigrés venant illégalement de ce pays étaient des "violeurs".

Pour les empêcher d'arriver aux Etats-Unis, le magnat de l'immobilier de 69 ans a de l'ambition: il veut construire un large mur, "coûteux et massif", le long de la frontière sud. Mieux encore, il veut faire payer ce mur par le Mexique lui-même. "Etant donné qu'ils seront en pourparlers avec Trump, ils paieront. Et un jour, quand je serai parti, ils renommeront ce mur 'Trump'", a-t-il déclamé, lors de son dernier meeting à Dallas, au Texas, lundi soir, où il a rassemblé des milliers de convaincus.

> Sur la Chine, le nucléaire iranien et Daesh 

Au fil des meetings, Donald Trump a distillé sa vision de l'international en se lançant dans des argumentations dont lui seul a le secret, sur les principaux dossiers du moment.

Globalement, l'homme d'affaires considère la Chine comme la principale responsable de la chute des marchés américains. Dans des tweets publiés le 24 août dernier, jour de forte baisse du Dow Jones, Trump accuse ainsi la Chine qui "dicte l'agenda" économique. "Comme je le dis depuis longtemps, nous sommes si liés à la Chine et à l'Asie que leurs marchés entraînent le marché américain dans leur chute".

Même ton pour évoquer l'Iran. Quelques jours avant que ne soit trouvé l'accord sur le nucléaire du 14 juillet dernier, Donald Trump qualifiait les Iraniens de "grands négociateurs", lors d'une interview accordée à CNN. "Ils rigolent de la stupidité de l'accord que nous sommes en train de passer sur le nucléaire. Nous aurions dû doubler et tripler les sanctions et les faire revenir vers nous. Ils font une très belle affaire", a-t-il estimé. 

Enfin, Donald Trump s'est également prononcé sur l'autre dossier brûlant du moment: la progression de Daesh en Syrie et en Irak, où les Etats-Unis mènent depuis 2014 des frappes aériennes contre l'organisation jihadiste, à la tête de la coalition internationale. "Personne ne serait plus dur que Donald Trump sur l'Etat islamique, personne!", a-t-il modestement lancé, dans son discours du 16 juin, au cours duquel il s'est déclaré candidat à l'investiture républicaine. Et de promettre: "Je trouverai le général Patton ou le général MacArthur, je trouverai le bon mec. Je trouverai le mec qui va prendre en main le militaire et le faire vraiment fonctionner". 

> Sur la santé

Fervent opposant à l'Obamacare, qu'il qualifie de "grand mensonge", Donald Trump a promis que, s'il était élu, il remplacerait ce système d'assurance santé mis en place par Barack Obama par "quelque chose d'énorme", "quelque chose de bien mieux pour tout le monde, et bien moins cher", qu'il appellerait le "Donaldcare", sans toutefois en dire plus sur son projet.

En juin, il avait qualifié de "désastre" Obamacare et sa mise en place. "Nous avons dépensé cinq milliards de dollars dans un site internet, et jusqu'à aujourd'hui il ne marche pas. Un site à cinq milliards de dollars? J'ai tellement de sites internet, partout. Je recrute des gens, ils font un site, ça me coûte 3 dollars", avait-il lancé. 

> Sur le port d'armes

La législation sur le port d'armes est l'un des autres dossiers sensibles de la campagne présidentielle outre-Atlantique. Lui-même propriétaire d'une arme, membre à vie de la NRA , le puissant lobby américain des armes à feu, Donald Trump se dit "fier de leur service visant à protéger notre droit de posséder et porter des armes".

"Les efforts de la NRA pour stopper cette législation d'interdiction et de régulation des armes sont inestimables", a-t-il déclaré au site spécialisé sur les armes à feu, Ammoland, début juillet. 

> Sur le chômage

S'il n'a pas encore formulé de propositions pour lutter contre le chômage, Donald Trump n'a pas manqué de critiquer la gestion de la crise de l'emploi par l'administration Obama. Quitte à gonfler un peu les chiffres et à oser les approximations douteuses. 

Dans une interview accordée en août au magazine Time, le milliardaire n'a pas hésité à évoquer un "vrai taux de chômage de 42%", contre les 5,3% annoncés par le département du Travail. Un chiffre obtenu en prenant en compte les étudiants, les retraités, et les parents au foyer, soit des franges de la population qui ne sont volontairement pas actives. Un subterfuge qui n'a pas échappé aux fact-checkeurs américains.