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Escalade verbale entre Washington et Pyongyang, sur fond de menace nucléaire

Kim Jong-Un, sur une photo diffusée par l'agence de presse officielle de Corée du Nord, et datée du 14 avril 2017.

Kim Jong-Un, sur une photo diffusée par l'agence de presse officielle de Corée du Nord, et datée du 14 avril 2017. - KCNA - AFP

Alors que la Corée du Nord célébrait ce samedi le 105e anniversaire du fondateur du régime, à grand renfort de parades militaires, la tension est à son comble entre Washington et Pyongyang, lancés dans une véritable course à la surenchère verbale.

La tension est à son comble. Depuis le début du mois, Washington et Pyongyang se sont lancés dans une véritable course à la surenchère verbale doublée de démonstrations de force. Alors que les Etats-Unis ont envoyé un porte-avions vers la péninsule coréenne, la Corée du Nord a fait l'étalage de sa puissance militaire, ce samedi, lors du grand défilé à l'occasion du 105e anniversaire du fondateur du régime, Kim Il-Sung.

Vers un nouvel essai nucléaire nord-coréen?

Le 9 avril, soit trois jours après les frappes américaines sur une base de l'aviation syrienne, les Etats-Unis, par la voix d'un porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, annoncent l'envoi du porte-avions USS Carl Vinson dans la péninsule coréenne. Un tel porte-avions transporte en général 70 à 80 avions ou hélicoptères, dont une cinquantaine d'avions de combat.

Une "mesure de précaution", alors que des images satellites analysées par des experts américains laissent soupçonner que Pyongyang préparait un nouvel essai nucléaire, le sixième, à l'occasion de l'anniversaire du fondateur du régime, ce 15 avril. Une manoeuvre dénoncée par la Corée du Nord.

"Le déploiement américain insensé pour envahir la République populaire de Corée a atteint une phase préoccupante. La RPDC est prête à réagir, quel que soit le type de guerre voulu par les Etats-Unis", a mis en garde le ministère des Affaires étrangères nord-coréen. "Nous prendrons les mesures de contre-attaque les plus fermes contre les provocateurs, afin de nous défendre par la voie des armes. Nous tiendrons les Etats-Unis totalement responsables des conséquences catastrophiques provoquées par ses actions scandaleuses", a-t-il encore dit. 

Les "avertissements" de Donald Trump

Pas de quoi, visiblement, effrayer le président américain. Mardi, sur Twitter, Donald Trump affirme que les Etats-Unis sont prêts "à régler le problème" seuls.

"La Corée du Nord cherche les ennuis. Si la Chine décide d'aider, ce serait bien. Sinon, nous réglerons le problème nous-mêmes", écrit-il, avant de signer son message par "Etats-Unis".

Jeudi, le républicain en a remis une couche, prévenant que le problème nord-coréen "sera traité". Depuis son élection, Donald Trump répète inlassablement, qu'il utiliserait toutes les options pour empêcher Pyongyang de se doter de missiles intercontinentaux capables d'exposer les Etats-Unis à une éventuelle frappe nucléaire, au risque d'une escalade militaire.

Par ailleurs, une semaine après avoir frappé la Syrie, les Etats-Unis ont utilisé jeudi en Afghanistan la plus puissante bombe américaine non-nucléaire jamais larguée. Cet engin, d'une puissance comparable à 11 tonnes de TNT, a tué au moins 36 membres de Daesh, selon le gouvernement afghan. D'autres chiffres font état de 90 cibles abattues. Le largage de cette bombe a été largement interprété comme un signal adressé à la Corée du Nord.

Pyongyang durcit le ton

Dès vendredi, l'armée de Pyongyang a durci le ton face à Washington, promettant une "réponse sans pitié" à toute provocation. Dans une déclaration publiée par l'agence de presse officielle de la Corée du Nord, l'armée assure que les bases américaines en Corée du Sud, "tout comme les quartiers généraux du Mal" tels que la présidence sud-coréenne à Séoul seraient "pulvérisés en quelques minutes" en cas de guerre.

Une situation de tension extrême, qui inquiète les voisins russe et chinois. Pékin a averti de son côté qu'un "conflit peut éclater à tout moment". "Le dialogue est la seule issue", a martelé le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi lors d'un point de presse à Pékin en compagnie de son homologue français Jean-Marc Ayrault.

Se disant "très inquiète", la Russie a quant à elle appelé toutes les parties à la "retenue" et mis en garde contre "toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation".

Démonstration de force

La Corée du Nord a envoyé un message fort, ce samedi, à l'occasion d'une gigantesque parade militaire organisée à Pyongyang pour le 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung, le fondateur de la République populaire démocratique de Corée. 

"Nous sommes prêts à répliquer à toute attaque nucléaire par une attaque nucléaire à notre façon", a mis en garde le numéro deux du régime, Choe Ryong-Hae, lors d'une cérémonie pendant le défilé, destiné à montrer la puissance de frappe du pays.

Adrienne Sigel avec AFP