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Dans la tourmente, Trump se déchaîne contre Biden, les journalistes et les démocrates

Donald Trump lors d'une conférence de presse le jour de sa rencontre avec le président finlandais Sauli Niinisto, à la Maison Blanche

Donald Trump lors d'une conférence de presse le jour de sa rencontre avec le président finlandais Sauli Niinisto, à la Maison Blanche - Brendan Smialowski / AFP

Agressif depuis plusieurs jours envers les Démocrates et les médias, Trump a laissé éclater sa colère ce mercredi lors d'une conférence de presse et sur Twitter, en s'en prenant à Joe Biden, au lanceur d'alerte et aux Démocrates portant la procédure de destitution le visant pour un appel suspect au président ukrainien fin août.

Sous la menace d'une procédure de destitution, un Donald Trump furieux a laissé éclater mercredi sa frustration en s'en prenant, lors d'une journée survoltée, à Joe Biden, son possible adversaire en 2020, aux médias qualifiés de "corrompus", et à certains élus accusés de "trahison".

Donald Trump esquive les questions et attaque ses opposants

Très agressif, le président américain a largement esquivé les questions sur le fond du dossier: la demande faite, par téléphone, à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur les activités du démocrate Joe Biden et de son fils, Hunter. "Ce fut une magnifique conversation", s'est-il contenté de marteler lors d'une conférence de presse commune avec son homologue finlandais Sauli Niinisto, qui semblait par moment mal à l'aise.

"J'ai beaucoup de respect pour les lanceurs d'alertes, mais seulement quand ce sont des vrais", a-t-il ajouté, évoquant l'individu -dont l'identité reste un mystère- à l'origine de la procédure de destitution lancée par la Chambre des représentants. "Biden et son fils sont de vrais escrocs", a-t-il tonné

"Tous les démocrates-qui-ne-font-rien sont concentrés sur la destitution du président pour avoir eu une très bonne conversation avec le Président Ukrainien. Je savais que beaucoup de personnes écoutaient, et avaient une transcription. Ils sont sur ce "truc" depuis le premier jour de mon élection.Très mauvais pour le pays !" a aussi tweeté Trump, entre d'autres nombreux tweets dénonçant le comportement des démocrates menteurs, fainéants, complotant pour sa destitution. 

Les "démocrates-qui-ne-font-rien" font pression

Déterminés à maintenir la pression, les démocrates du Congrès ont menacé mercredi de forcer la Maison Blanche à leur fournir des documents qu'ils réclament. Les parlementaires adresseront formellement à l'exécutif une injonction vendredi, s'il ne s'y plie pas volontairement d'ici là.

"On ne plaisante pas ici. Nous ne voulons pas que cela traîne pendant des mois et des mois, comme cela semble être la stratégie du gouvernement", a mis en garde le président démocrate de la puissante commission du Renseignement de la chambre basse, Adam Schiff.

En réponse, le 45e président de l'histoire du pays donne depuis trois jours dans la surenchère. Dimanche, il a cité un pasteur baptiste qui parlait de risques de "guerre civile". Lundi, il a suggéré d'arrêter un élu démocrate pour "trahison". Mardi, il a dénoncé un "coup d'Etat" le visant.

"Les démocrates-qui-ne-font-rien devraient se concentrer sur notre pays, plutôt que de faire perdre à tout le monde du temps et de l'énergie sur des CONNERIES, ce qui est la seule chose qu'ils ont fait depuis que j'ai été incroyablement élu en 2016", a-t-il tweeté.

Vladimir Poutine, le soutien qui dérange

Pour l'heure, le cercle rapproché du président semble déterminé à jouer la montre, son chef de la diplomatie, Mike Pompeo, et son avocat personnel, Rudy Giuliani, au coeur de ce dossier, refusant le calendrier fixé par les élus démocrates du Congrès.

Donald Trump, qui assure que son échange téléphonique estival avec Volodymyr Zelensky n'avait rien de répréhensible, a reçu mercredi un soutien dont il se serait probablement bien passé: celui du président russe Vladimir Poutine.

"Je ne vois rien de compromettant dans la conversation entre Trump et Zelensky", a lancé ce dernier. "N'importe quel chef d'Etat aurait fait la même chose".

Interrogé sur le fait de savoir si la Russie comptait tenter d'influencer l'élection présidentielle de 2020, comme elle l'a fait en 2016 selon les services de renseignement américains, Vladimir Poutine a ironisé. "Je vais vous confier un secret: oui! Nous allons le faire sans faute. Mais ne le dites à personne", a déclaré le président russe sous les applaudissements de la salle.

J. G. avec AFP