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Raul Castro: "Cela ne veut pas dire que l'embargo ait été résolu"

Raul Castro lors de son discours à la télévision cubaine le 17 décembre 2014.

Raul Castro lors de son discours à la télévision cubaine le 17 décembre 2014. - Cuban TV - AFP

Les relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis étaient interrompues depuis près d'un demi-siècle. Raul Castro, le président cubain, a confirmé un rapprochement historique.

C'est un grand pas sur la voie de la normalisation. Le président cubain Raul Castro a annoncé ce mercredi depuis La Havane que, avec son homologue américain Barack Obama, ils s'étaient "mis d'accord sur le rétablissement des relations diplomatiques" entre les deux pays, interrompues depuis plus d'un demi-siècle.

Lors d'un entretien téléphonique, les deux chefs d'Etat se sont "mis d'accord sur le rétablissement des relations diplomatiques", interrompues depuis plus d'un demi-siècle. Toutefois, "cela ne veut pas dire que le (problème) principal, l'embargo économique, ait été résolu", a-t-il ajouté dans une allocution diffusée par les médias d'Etat.

 Dans le même temps, le président Barack Obama s'est engagé à examiner avec le Congrès américain la levée de cet embargo strict imposé depuis 1962 par les Etats-Unis à l'île communiste.

Fidel Castro n'a pas participé aux discussions

Le rapprochement historique entre les deux pays survient au moment de l'annonce par les deux pays d'un échange de prisonniers : un espion américain détenu à Cuba depuis 20 ans et trois Cubains écroués aux Etats-Unis.

"Gerardo (Hernandez, ndlr), Ramon (Labañino, ndlr) et Antonio (Guerrero, ndlr) sont arrivés aujourd'hui dans notre patrie", a annoncé Raul Castro au sujet de ces trois agents qui faisaient partie d'un groupe de cinq Cubains condamnés en 2001 à de lourdes peines de prison pour espionnage.

 "Cette décision du président américain mérite le respect et la reconnaissance de notre peuple", a ajouté le président cubain, avant de confirmer la libération "humanitaire et unilatérale" d'Alan Gross, un Américain détenu depuis 5 ans à La Havane.

Washington a toujours conditionné une détente avec Cuba à la libération de cet ancien contractuel de l'agence fédérale américaine pour le développement international (USAID), qui avait été condamné en 2011 à 15 ans de prison pour avoir introduit du matériel de transmission satellitaire interdit dans l'île communiste.

L'appui du Vatican salué

Raul Castro a aussi souhaité "saluer l'appui du Vatican" au rapprochement entre les deux pays, séparés seulement par les 150 km du détroit de Floride et qui n'ont plus de relations diplomatiques officielles depuis 1961. 

Le pape François avait lancé un appel personnel à Barack Obama, dans une lettre cet été, et séparément à Raul Castro, et le Vatican a accueilli des délégations des deux pays pour finaliser le rapprochement historique.

A. D. & Jé. M. avec AFP