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Au Venezuela, la Cour suprême attaquée à la grenade par un hélicoptère volé à la police

Un hélicoptère volé à la police venezuélienne a lancé mardi des grenades contre le siège de la Cour suprême à Caracas, la capitale. L’engin a également ouvert le feu contre le ministère de l'Intérieur, selon le gouvernement. L'offensive a été revendiquée par un homme qui s'est présenté comme étant un policier. Depuis, l'armée est sur le qui-vive.

C'est une scène qui témoigne de la tension de ce pays profondément en crise.

L'armée venezuélienne était en alerte ce mercredi, au lendemain d'une attaque inhabituelle par un hélicoptère de police. Selon la version officielle fournie par les autorités, l'appareil a lancé des grenades sur la Cour suprême, dans ce pays agité par des manifestations qui ont fait 76 morts en bientôt trois mois.

Un Président très contesté

Le président socialiste Nicolas Maduro, dont le régime est contesté, et contre lequel de nombreux manifestants réclament le départ presque chaque jour depuis début avril, a dénoncé une "attaque terroriste" visant à fomenter un coup d'Etat, dans le cadre d'une campagne contre lui de la droite soutenue selon lui par les Etats-Unis.

Des vidéos et photos diffusées sur les réseaux sociaux mardi soir montrent un hélicoptère de la police scientifique en train de survoler Caracas. On entend au loin des détonations, sans voir clairement s'il lance effectivement des grenades sur la Cour suprême.

Une attaque revendiquée "contre la tyrannie"

Le pilote de l'hélicoptère, qui a été volé selon le gouvernement, a été identifié comme étant Oscar Pérez, 36 ans.

Dans une vidéo, cet homme, qui se présente comme un enquêteur de la police scientifique, lance un appel au chef de l'Etat: "Président Maduro, nous exigeons que tu démissionnes immédiatement (...) et que des élections générales soient convoquées".

"Nous sommes une coalition de militaires, policiers et de fonctionnaires civils (...) contre ce gouvernement transitoire et criminel", affirme-t-il, le visage découvert et accompagné de quatre hommes masqués et vêtus de noir, deux d'entre eux portant des armes.

Il a également exhorté le peuple a prendre la rue. L'homme était toujours recherché par les autorités ce mercredi. 

M.-C.M. avec AFP